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	<title>Le Blues des Canuts</title>
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		<title>Lady sings the blues</title>
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		<pubDate>Thu, 16 May 2013 18:17:36 +0000</pubDate>
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				<category><![CDATA[A ECOUTER !]]></category>
		<category><![CDATA[A LIRE !]]></category>

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		<description><![CDATA[Quelques thèmes des luttes pour l&#8217;émancipation féminine à travers le Blues. Être femme, noire&#8230; et pauvre! En 1998, Angela Davis publie Blues Legacy and Black Feminism et à travers les parcours de Ma Rainey, Bessie Smith et Billie Holiday, n&#8217;hésite &#8230; <a href="http://blogs.radiocanut.org/bluesdescanuts/2013/05/16/lady-sings-the-blues/">Continuer la lecture <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3><em>Quelques thèmes des luttes pour l&#8217;émancipation féminine à travers le Blues.</em></h3>
<div id="attachment_236" class="wp-caption alignright" style="width: 340px"><a href="http://blogs.radiocanut.org/bluesdescanuts/files/2013/05/DorotheaLange_girl-with-umbrella_louisiana-negress_1937.jpg"><img class="size-full wp-image-236" src="http://blogs.radiocanut.org/bluesdescanuts/files/2013/05/DorotheaLange_girl-with-umbrella_louisiana-negress_1937.jpg" alt="&quot;Girl with umbrella (Louisiana negress)&quot; (Dorothea Lange, 1937)" width="330" height="252" /></a><p class="wp-caption-text">&quot;Girl with umbrella (Louisiana negress)&quot; (Dorothea Lange, 1937)</p></div>
<p><strong>Être femme, noire&#8230; et pauvre!</strong></p>
<p>En 1998, Angela Davis publie <em>Blues Legacy and Black Feminism</em> et à travers les parcours de Ma Rainey, Bessie Smith et Billie Holiday, n&#8217;hésite pas à parler de «féminisme noir». Par leur comportement, ces femmes se sont battues contre la triple domination dont elles étaient victimes: en tant que femmes, en tant que noires et en tant que pauvres pour la plupart. Rappelons qu&#8217;à ses débuts, le blues était essentiellement chanté par des hommes, la variété étant davantage le terrain de la gente féminine. Pas facile de vagabonder avec des mouflets accrochés aux jupons&#8230; C&#8217;est pourtant une femme (blanche!), Sophie Tucker, qui enregistra en 1917 le 1er blues, <em>St-Louis Blues</em>, suivie 3 ans plus tard par Mamie Smith avec <em>Crazy Blues</em>. Il n&#8217;est pas du tout facile de se faire une place dans ce monde d&#8217;hommes. Cette jalousie est-elle à l&#8217;origine du terrible machisme qui caractérise l&#8217;univers des musiciens de jazz et de blues comme s&#8217;interroge Buzzy Jackson dans <em>Chanteuses de Blues</em> (2006), ou que constate également Marie Buscatto dans <em>Femmes du jazz: musicalités, féminités, marginalités</em> (2008) ? En 1954, Billie Holiday chante <em>Lady sings the blues </em>affirmant ainsi que les femmes peuvent aussi avoir le blues&#8230; et le chanter ! Selon John Hammond (père), Billie incarne l&#8217;élégance des déclassés car issue du milieu de la prostitution d&#8217;Harlem, elle exerce un attrait considérable sur tous ceux qui s&#8217;écartaient des normes sociales. En 2006, dans son album <em>Dreamland Blues</em>, Erja Lyytinen, venue de Finlande nous explique aujourd&#8217;hui ce qui continue à pousser une femme à jouer du blues dans <em>Why a woman plays the blues</em>.</p>
<p><span id="more-224"></span></p>
<p><em><strong>It hurts me too</strong></em></p>
<div id="attachment_239" class="wp-caption alignright" style="width: 230px"><a href="http://blogs.radiocanut.org/bluesdescanuts/files/2013/05/marainey.jpg"><img class="size-full wp-image-239" src="http://blogs.radiocanut.org/bluesdescanuts/files/2013/05/marainey.jpg" alt="Ma Rainey" width="220" height="351" /></a><p class="wp-caption-text">Ma Rainey</p></div>
<p>On doit à Ma Rainey un premier plaidoyer en 1928 contre les violences conjugales et les mauvais traitements dans <em>Black eye blues</em>, sujets malheureusement toujours d&#8217;actualité et dont les Carolina Chocolates Drops éditeront une reprise en 2007. En Juin 1926, elle se joint à Ida Cox pour exprimer la méfiance envers le partenaire avec <em>Trust No Man</em>, deux ans après que celle-ci ait chanté <em>Wild women don&#8217;t have the blues</em>, dans lequel elle s&#8217;adresse aux femmes:  &laquo;&nbsp;Ne soyez pas honnête avec votre homme car lui ne le sera pas/ Et il aura vite fait de se dénicher d&#8217;autres femmes/ Ne soyez pas un ange, devenez une femme sauvage/ Pour chasser votre homme de la maison s&#8217;il vous traite mal/ Les femmes sauvages n&#8217;ont jamais le blues&nbsp;&raquo;. En 1990 le groupe féminin Saffire en fera une interprétation moderne dans <em>The Uppity Blues Women</em> et encore plus près de nous, Kirsten Thien dans son album de 2010 intitulé <em>Delicious</em>. Au sujet des violences exercées contre les femmes, comment ne pas évoquer le cas de Tina Turner! Dans <em>A fool in love&#8230;</em> on la découvre alors dans sa 1ère apparition enregistrée aux côtés d&#8217;Ike et ce titre révèle déjà sans le savoir toute l&#8217;ambiguïté de leur relation placée sous les signes de l&#8217;amour et de la violence. Ils continuent en 1986, avec <em>Too Much For One Woman</em>.</p>
<p><em><strong>Any Woman&#8217;s blues</strong></em></p>
<p>Dans <em>I ain&#8217;t goin&#8217; to play no second fiddle</em> (1925), Bessie Smith fait savoir à son compagnon qu&#8217;elle n&#8217;a pas l&#8217;intention de jouer les seconds rôles dans leur relation. Elle fait explicitement savoir qu&#8217;il est hors de question qu&#8217;elle le partage avec quelqu&#8217;un d&#8217;autre. Enregistré deux ans plus tard, dans <em>I used to be your sweet mama</em>, elle va encore plus loin et se pose à l&#8217;égale de l&#8217;homme. L&#8217;exigence de justice porté par Bessie était importante non seulement pour ce qui concerne l&#8217;égalité entre hommes et femmes, mais aussi dans le domaine plus vaste des relations entre Noirs et Blancs. Elle véhicule ainsi l&#8217;image de la femme qui s&#8217;affirme et qui s&#8217;émancipe. Lorsqu&#8217;elle chante en 1941  <em>Me And My Chauffeur Blues</em>, Memphis Minnie poursuit la voix tracée par ses aînées et dénonce dans sa chanson la dépendance de la femme envers l&#8217;homme en inversant les rôles.</p>
<p>A écouter:<strong> Quand le Blues chante les thèmes de la lutte pour l’émancipation féminine, partie 1  </strong></p>
<p><em><strong>Love me tender</strong></em></p>
<div id="attachment_240" class="wp-caption alignright" style="width: 240px"><a href="http://blogs.radiocanut.org/bluesdescanuts/files/2013/05/bessiesmith.jpg"><img class="size-full wp-image-240" src="http://blogs.radiocanut.org/bluesdescanuts/files/2013/05/bessiesmith.jpg" alt="Bessie Smith" width="230" height="343" /></a><p class="wp-caption-text">Bessie Smith</p></div>
<p>Cependant, la domination dans les rapports sexuels n&#8217;est pas la seule forme d&#8217;aliénation patriarcale. Dans <em>Work House Blues</em> (1923-1924), Bessie décrie les travaux de force, les labours et les corvées domestiques. Dans <em>Washwoman&#8217;s blues </em>(1928-1929), elle évoque la pénibilité des tâches ménagères: La vie de blanchisseuses, ça n&#8217;a guère de bons côtés chante-t-elle. Sur ce thème, on peut penser aussi à Penny Pope qui enregistre en 1930 <em>Tennessee Workhouse Blues</em>. Le travail salarié des femmes n&#8217;était pas de tout repos dans les champs ou dans les maisons des blancs, comme nous le rappelle Bumble Bee Slim en 1936 dans <em>Meet me in the bottom</em>: &laquo;&nbsp;Vous les blancs, par pitié/ ne donnez pas de boulot à cette fille, hoooo/ elle est mariée et je ne veux pas qu&#8217;elle bosse trop dur!&nbsp;&raquo; Cette idée que les femmes ne sont pas des fainéantes (et que leur place n&#8217;est pas à la maison), est reprise par Sue Foley en 2004 dans <em>Hardworking Woman</em> et par nos compatriotes de Malted Milk dans l&#8217;album <em>Sweet Soul Blues</em> sorti en 2010. Profitons-en pour signaler que les hommes, même s&#8217;ils ne sont pas très nombreux, ne restent pas totalement sourds aux revendications féminines: Sonny Terry &amp; Brownie Mc Ghee, JB Lenoir et plus près de nous T-Bone Burnett, reprennent le titre de Buster Brown: <em>Don&#8217;t dog your woman</em>, Champion Jack Dupree chante <em>Don&#8217;t mistreat your woman</em> en 1969, même s&#8217;il ajoute quand toi-même tu as tort. De son côté, Detroit Junior enregistre en 2002 <em>It&#8217;s Bad to Make a Woman Mad</em>.</p>
<p><em><strong>Roll with me Henry</strong></em></p>
<div id="attachment_241" class="wp-caption alignright" style="width: 300px"><a href="http://blogs.radiocanut.org/bluesdescanuts/files/2013/05/ettajames.jpg"><img class="size-full wp-image-241" src="http://blogs.radiocanut.org/bluesdescanuts/files/2013/05/ettajames.jpg" alt="Etta James" width="290" height="213" /></a><p class="wp-caption-text">Etta James</p></div>
<p>Voici maintenant un authentique témoignage de la censure puritaine sous forme d&#8217;une petite histoire. En 1954, Hank Ballard sort <em>Work with me Annie</em> qui affirmait fort virilement la supériorité masculine. Dans le courant de l&#8217;année suivante, Etta James y répond dans <em>Roll with me Henry</em> mais le titre ayant été jugé trop suggestif (B&#8230; avec moi, Henry), on a rebaptisé la chanson <em>The wallflower</em> avant de l&#8217;appeler dorénavant <em>Dance with me Henry</em>. Reprise par Georgia Gibbs cela deviendra un tube&#8230; chez les Blancs!</p>
<p>A écouter:<strong> Quand le Blues chante les thèmes de la lutte pour l’émancipation féminine, partie 2  </strong></p>
<p>Dans <em>W-O-M-A-N</em> en 55, c&#8217;est à Muddy Waters qu&#8217;elle s&#8217;en prend en pastichant dans l&#8217;intro la célèbre chanson machiste de Muddy, <em>I&#8217;m a man</em>, l&#8217;année même de sa sortie. Provocatrice, elle avertit le «mâle» qu&#8217;il va falloir qu&#8217;il assure, mais revendique aussi du même coup, le plaisir sexuel féminin, alors même que la notion de plaisir au cours du coït était exclusivement réservé à l&#8217;homme dans le code moral de bonne conduite de la société réactionnaire et conservatrice de l&#8217;époque. Donna Greene reprend cette idée en 2008 avec <em>A girl&#8217;s gotta have a little pleasure</em>. Mais Etta James n&#8217;est pas la seule à riposter au machisme des bluesmen: avec <em>I didn&#8217;t make my moove too soon</em>, Lynn White en 1979 apporte une réponse cinglante et féministe au titre macho de B.B. King <em>Never make your move too soon</em>, repris entre autres par Ry Cooder, Tommy Lepson et Joe Bonamassa. Dans un registre plus humoristique, <em>You can have my husband</em>, au départ une chanson de 1960 encore entonnée en 2011 par Pat Cohen lors de la tournée de Music maker en Europe. Koko Taylor en offre une version dans laquelle elle transforme subtilement le refrain pour chanter, preuve que les temps et les mentalités ont changé, avec <em>You can have my husband, but let me the maid</em> qu&#8217;on pourrait traduire par &laquo;&nbsp;Profite de mon mari si tu veux, mais laisse-le moi pour faire le ménage&nbsp;&raquo;&#8230;</p>
<p>La domination patriarcale c&#8217;est aussi le mariage, et le sentiment de propriété sur un(e) individu(e) que fustige Sue Foley dans l&#8217;album <em>Ten Days In November</em> en 1998 avec le titre <em>She Don&#8217;t Belong To You</em>. Et puis aussi les stéréotypes esthétiques, qu&#8217;évoquent avec humour Mildred Bailey dans <em>Scrap your fat</em> et avec plus d&#8217;emphase encore Candy Kane dans <em>You need a big fat mama</em> qui milite pour la reconnaissance des femmes fortes. A noter encore qu&#8217;on ne commence à envisager des droits aux femmes, même s&#8217;ils sont encore réservés à la sphère privée, qu&#8217;en 46. Dans un titre qu&#8217;on attribue habituellement à  J. C. &amp; Irene Higginbotham (repris par la suite par Dave Alvin en 1993 et Jan Buckingham en 2003, sans oublier une version instrumentale de Jimmy Jones ), <em>Woman&#8217;s got a right to change her mind</em>, on reconnaît enfin qu&#8217;une femme a le droit de faire le choix de son partenaire.</p>
<p><strong>Dieu est une femme&#8230; et elle est noire!</strong></p>
<div id="attachment_243" class="wp-caption alignright" style="width: 280px"><a href="http://blogs.radiocanut.org/bluesdescanuts/files/2013/05/candyekane.jpg"><img class="size-full wp-image-243" src="http://blogs.radiocanut.org/bluesdescanuts/files/2013/05/candyekane.jpg" alt="Candye Kane" width="270" height="293" /></a><p class="wp-caption-text">Candye Kane</p></div>
<p>Candye Kane fait allusion à cette blague en vogue dans les milieux progressistes des USA des &#8217;70: &laquo;&nbsp;Les astronautes ont croisé Dieu en allant sur la lune&#8230; Elle est noire!&nbsp;&raquo; Avec <em>The Lord was a woman</em> paru dans <em>Diva La Grande</em> (2002), elle continue à déranger l&#8217;ordre patriarcal. Elle n&#8217;est pas seule à poursuivre le combat pour l&#8217;émancipation féminine en mettant en chanson les mécanismes sociaux qui rendent possible la domination masculine. Non seulement les textes où les femmes ont réussi à mettre en musique leur aliénation continuent à être chantés (<a name="retour au texte1" href="#note1">1</a>), mais en plus, la relève semble assurée et pas seulement au Etats-Unis, avec de nouvelles compositions (<a name="retour au texte2" href="#note2">2</a>).</p>
<p>A écouter:<strong> Quand le Blues chante les thèmes de la lutte pour l’émancipation féminine, partie 3  </strong></p>
<p>Pour conclure, il convient de saluer le travail de Nina Van Horn qui publie en 2009 un magnifique hommage aux femmes du blues, dans lequel on retrouve outre les portraits de Bessie Smith, Ma Rainey, Memphis Minnie et Billie Holiday, ceux de Victoria Spivey, Georgia White, Mildred Bailey et Odetta.</p>
<hr />
<address>Cette liste n&#8217;est sûrement pas exhaustive. Si vous souhaitez la compléter, la discuter ou simplement partager vos réactions, vous pouvez me contacter à l&#8217;adresse suivante : <strong><a href="mailto:comboquilombo@online.fr">comboquilombo@online.fr</a></strong></address>
<address><strong><br />
</strong></address>
<hr />
<h3>Notes :</h3>
<h5><strong><a name="note1">(1)</a></strong> Koko Taylor reprend en 1978 <em>I&#8217;m A Woman</em> une chanson emblématique du Women&#8217;s Libération Movement dans l&#8217;album <em>Double A sides</em>. A sa suite, les Mississippi Heat dans leur album de 2005 <em>Glad Your Mind</em>, et plus récemment, la chanteuse The Kat dans son 1er album sorti en 2011 <em>I&#8217;m The Kat</em>. Rory Block interprète en 1992 un texte de S.Truth datant de 1851, <em>Ain&#8217;t I a woman?</em>; Bonnie Riatt et Fiona Boyes reprennent tour à tour <em>Women Be Wise</em> de Sippie Wallace. Et enfin Etta James et Tina Turner chantaient encore récemment <em>Only women bleed</em>, la célèbre ballade de Dick Wagner écrite en 1968.<br />
<em>(<a href="#retour au texte1">Retour au texte</a>)</em><br />
<strong><a name="note2">(2)</a></strong> Joanna Connor qui signe en 1996 <em>Big Girl Blues</em> qui contient le fameux <em>Sister Spirit</em>, Susan Tedeschi qui reprend <em>Mama, He Treats Your Daughter Mean</em> dans <em>Just Won&#8217;t Burn</em> en 2000 (titre également chanté en 2008 par The Philadelphia Blues Messengers dans leur album <em>Blues For Sale</em>), Fiona Boyes avec <em>Woman Ain&#8217;t A Mule</em> dans <em>Blues Woman</em> en 2009, Shemekia Copeland, <em>When A Woman&#8217;s Had Enough</em> en 2002. Paru la même année, <em>Woman Down</em> du Lara Price Band. <em>Art Of Divorce</em> chante dans <em>Flavor&#8217;s Blues</em> Zakiya Hooker en 2004, tandis que Sharrie Williams intérprète en 2006 <em>How Much Can A Woman Take</em>, Kara Maguire revient sur <em>(this) Woman&#8217;s Liberation</em>, dans <em>Nobody&#8217;s Girl</em>. En 2007, Karen Lovely poursuit avec <em>Lucky Girl</em> en 2008.<br />
<em>(<a href="#retour au texte2">Retour au texte</a>)</em></h5>
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		<title>Les voies politiques du Blues</title>
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		<pubDate>Tue, 15 Jan 2013 00:35:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>bluesdescanuts</dc:creator>
				<category><![CDATA[A ECOUTER !]]></category>
		<category><![CDATA[A LIRE !]]></category>

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		<description><![CDATA[On entend et on lit souvent que le Blues n&#8217;a rien de politique. Pourtant, comment une musique populaire par essence, des chants d&#8217;ouvriers et de paysans, d&#8217;exclu-e-s, de marginaux, pourrait-elle ne pas refléter la réalité sociale de celles et ceux &#8230; <a href="http://blogs.radiocanut.org/bluesdescanuts/2013/01/15/les-voies-politiques-du-blues/">Continuer la lecture <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>On entend et on lit souvent que le Blues n&#8217;a rien de politique. Pourtant, comment une musique populaire par essence, des chants d&#8217;ouvriers et de paysans, d&#8217;exclu-e-s, de marginaux, pourrait-elle ne pas refléter la réalité sociale de celles et ceux qui la chantent, qui l&#8217;écoutent et qui la dansent?<br />
Les thèmes de la vie courante qui tissent la trame du Blues, le travail des hommes comme celui des femmes, leurs conditions de vie, de logement, leurs relations réciproques, leur rapport aux jeux, à l&#8217;alcool, aux drogues, à la prostitution, à la nourriture même&#8230; bref tout le système des références sociales et culturelles dont est porteur le Blues reflète fidèlement l&#8217;organisation de la société dans laquelle sont immergé-e-s leurs auteur-e-s et il ne devient dès lors plus si facile d&#8217;être aussi catégorique&#8230;</strong></p>
<div id="attachment_212" class="wp-caption alignleft" style="width: 300px"><strong><a href="http://blogs.radiocanut.org/bluesdescanuts/files/2013/01/mississippi-delta-children-1936.jpg"><img class="size-full wp-image-212 " src="http://blogs.radiocanut.org/bluesdescanuts/files/2013/01/mississippi-delta-children-1936.jpg" alt="&quot;Mississippi Delta Negro Children&quot; (Dorothea Lange, 1936)" width="290" height="306" /></a></strong><p class="wp-caption-text">&quot;Mississippi Delta Negro Children&quot; (Dorothea Lange, 1936)</p></div>
<p>Il faut dire que dès ses débuts, le Blues a été bridé dans son expression politique. Il ne faut pas oublier que les lynchages étaient encore fréquents au moment de son apparition dans le sud des États-Unis (le Tuskegee Institute avance 3800 victimes entre 1889 et 1940) et que le simple fait de regarder une blanche dans les yeux pouvaient attirer les pires ennuis.<br />
Par ailleurs, jusqu&#8217;aux victoires du Mouvement pour les Droits Civiques, les États du sud ont su mettre en œuvre tout un arsenal de subtilités légales et administratives, contraintes ou restrictions, visant à tenir la population afro-américaine à l&#8217;écart des urnes. En 1947 par exemple, dans douze États du sud, à peine 12 % des gens de couleurs ont déposé un bulletin dans une urne&#8230; Pas facile dans ces conditions d&#8217;exprimer ses opinions politiques! Et quand bien même ce serait le cas, il ne faut pas trop compter sur l&#8217;industrie du disque pour nous transmettre ces témoignages historiques, tant que l&#8217;argument social ne devient pas source de profits, comme le remarque P. Guralnick : &laquo;&nbsp;C&#8217;est bien dommage que Vocalion, la seule compagnie à parcourir régulièrement tout l&#8217;arrière-pays du sud, n&#8217;enregistre ni des chants de travail, ni des chants protestataires d&#8217;artistes noirs.&nbsp;&raquo; (<a name="retour au texte1" href="#note1">1</a>)</p>
<p><span id="more-80"></span></p>
<p>Heureusement, en 1952, la Highlander Folk School s’est chargée de compiler ces chants sociaux et/ou syndicaux dont certains ont été interprétés par le Nashville Quartet (<a name="retour au texte2" href="#note2">2</a>). Lawrence Gellert accompli un travail de collecte similaire en Caroline du Nord, en enregistrant des chants folkloriques noires pour leur pure valeur protestataire. Sans préciser les noms, les lieux et les dates, protégés par cet anonymat, les interprètes offrirent à Gellert un corpus de paroles de blues unique avec des témoignages sociaux d&#8217;une dureté terrifiante! S&#8217;exprimer ouvertement n&#8217;était donc pas sans danger et c&#8217;est un paramètre déterminant à garder à l&#8217;esprit lorsqu&#8217;on s&#8217;arrête sur le contenu des textes et qu&#8217;on les restitue dans leur contexte.</p>
<div id="attachment_203" class="wp-caption alignright" style="width: 300px"><a href="http://blogs.radiocanut.org/bluesdescanuts/files/2013/01/BigBillBroonzy.jpg"><img class="size-full wp-image-203" src="http://blogs.radiocanut.org/bluesdescanuts/files/2013/01/BigBillBroonzy.jpg" alt="Big Bill Broonzy" width="290" height="218" /></a><p class="wp-caption-text">Big Bill Broonzy</p></div>
<p>On sait par ailleurs que les blues-wo-men ont su développer la portée de leurs chansons en chargeant leurs textes de double sens, artifice leur permettant de s&#8217;adapter au contexte répressif de l&#8217;époque et parvenir ainsi à exprimer malgré tout leurs colères ou indignations. Alan Lomax, rapporte que le patronyme &laquo;&nbsp;Mr. Charley&nbsp;&raquo; est devenu un nom générique pour parler de n&#8217;importe quel patron ou que, comme l&#8217;a montré Robert Springer (<a name="retour au texte3" href="#note3">3</a>), derrière les métaphoriques reproches adressés en apparence à l&#8217;être aimé, se dissimulent souvent la dénonciation des rouages d&#8217;un système social oppresseur. On se rappelle ces propos de Big Bill Broonzy : &laquo;&nbsp;Mes paroles parlent de babies, parce que c&#8217;est plaisant. Mais les vrais blues sont des chants de protestations à mots déguisés&nbsp;&raquo; (<a name="retour au texte4" href="#note4">4</a>). Car en effet, &laquo;&nbsp;Que sont-ils ces chants ?&nbsp;&raquo; interroge W.E.B. Du Bois. &laquo;&nbsp;Que sont-ils ces chants ? Que veulent-ils dire ? Je ne suis guère expert en musique et connais mieux les hommes (&#8230;). C&#8217;est la musique d&#8217;un peuple malheureux, des enfants de la déception. Ils nous parlent de mort et de souffrance, et le désir inexprimé d&#8217;un monde plus vrai point ici et là au cours des vagabondages hésitants par des chemins inaperçus&nbsp;&raquo;.<br />
Max Roach (<a name="retour au texte6" href="#note6">6</a>) développe cette idée: &laquo;&nbsp;Cela a toujours été, une tradition pour les artistes afro-américains d&#8217;exprimer leur point de vue et leur revendications humaines, sociales et politiques dans leurs œuvres musicales et poétiques, par exemple Huddie Ledbetter, Bessie Smith et Duke Ellington, pour n&#8217;en citer que quelques uns. Les spirituals et la musique populaire afro-américaine, tout reflète ce fait sans le moindre doute. C&#8217;est pourquoi la volonté d&#8217;utiliser nos efforts artistiques comme tremplin pour exprimer nos revendications humaines, sociales et politiques est très naturelle&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Ainsi, plusieurs auteurs insistent sur une expression politique essentielle à la musique afro-américaine, mais le plus souvent tue ou cachée et Mark A. Humphrey(<a name="retour au texte7" href="#note7">7</a>) nous donne encore une précision concernant la différence entre la musique de Dieu et celle du Diable : « ce ne sont pas les bouges et les bordels qui servaient de tribune de discussions et de critiques des puissants, mais bien plutôt les offices religieux, ce qui expliquerait pourquoi c&#8217;est effectivement l&#8217;Eglise qui a mené le  Mouvement pour les Droits Civiques ». Voilà sans doute quelques raisons qui font pâtir le Blues de cette réputation &laquo;&nbsp;d&#8217;apolitisme&nbsp;&raquo;, tout au moins, et c&#8217;est salutaire pour ses auteur-e-s, de façade.</p>
<p>Car Lil Son Jackson de son côté livre une définition fort intéressante du blues: &laquo;&nbsp;Je crois que le blues est plus ou moins un sentiment qui vous vient quand vous pensez que quelque chose est injuste ou que quelqu&#8217;un vous a fait du tort, ou à propos de quelque chose d&#8217;injuste que quelqu&#8217;un a fait aux vôtres ou quelque chose comme ça&#8230; et que la seule façon dont vous puissiez en parler, c&#8217;est à travers une chanson, et c&#8217;est ça le blues&#8230;&nbsp;&raquo;. Ainsi que Leroy Jones d&#8217;après Benoît Chanal: &laquo;&nbsp;Pour Leroy Jones la musique afro-américaine celle du moins qui est restée culturellement dans son essence rattachée au blues, n&#8217;a pas besoin d&#8217;exprimer par le texte une révolte contre l&#8217;oppression. Elle est l&#8217;expression même de cette révolte&nbsp;&raquo;.</p>
<p>On peut encore se remémorer ces propos de Joe Louis Walker (<a name="retour au texte8" href="#note8">8</a>): &laquo;&nbsp;Le blues est déjà un message en soi. Il est social, il est politique. Il vient d&#8217;une souffrance même si elle est dépassée, et même lorsqu&#8217;il est festif, il y a quand même une difficulté à surmonter&nbsp;&raquo;. Ou encore ceux d&#8217;Adolphus Bell (<a name="retour au texte9" href="#note9">9</a>): &laquo;&nbsp;Le blues ne mourra jamais tant qu&#8217;il y aura des gens qui ont faim, qui n&#8217;ont pas de toit&#8230;&nbsp;&raquo;</p>
<p><strong>Mais lançons-nous plutôt dans une exploration des productions qui sont parvenues jusqu&#8217;à nous et qui offrent bien des surprises!</strong></p>
<div id="attachment_190" class="wp-caption alignright" style="width: 300px"><a href="http://blogs.radiocanut.org/bluesdescanuts/files/2013/01/WCHandy.jpg"><img class="size-full wp-image-190 " src="http://blogs.radiocanut.org/bluesdescanuts/files/2013/01/WCHandy.jpg" alt="W.C. Handy" width="290" height="163" /></a><p class="wp-caption-text">W.C. Handy</p></div>
<p>A commencer par celle que nous réserve W.C. Handy, qu&#8217;on peut considérer comme le théoricien officiel du blues puisqu&#8217;il est le premier à l&#8217;avoir transcrit sur portées musicales. Il écrit son second blues <em>Mr. Crump</em> sur une commande d&#8217;Edward H. Crump, candidat en 1909 à la mairie de Memphis. Il retravaille par la suite la mélodie et change le titre pour créer: <em>Memphis Blues</em>.<br />
Franck Stroke de son côté, forgeron de son état, détourne la chanson et chante, <em>Mr. Crump, don’t like it</em>, dénonçant les réformes politiques du nouveau Maire de Memphis, E.H.Crump, visant à fermer les lieux de plaisirs. Cette même mélodie avait donc servi à faire élire l’homme qui devait par la suite imposer le couvre-feu aux salles de spectacles et cabarets de Memphis&#8230; mais ce n&#8217;est -hélas!- ni la première, ni la dernière fois qu&#8217;un bulletin se retourne contre son électeur!<br />
W.C. Handy n&#8217;est pas le seul à composer pour un candidat électoral ou une formation politique: John Lee Hooker chante <em>Democrat Man</em> dans les années 1960 alors que Bobo Jenkins entonne en 1954 à Chicago <em>Democrat Blues</em> où il exprime clairement son mécontentement envers la victoire de Dwight Eisenhower et le retour des Républicains à La Maison Blanche qu&#8217;ils avaient quitté 20 auparavant. Eddie Kirkland reprend le titre de cette chanson pour baptiser son album de 2008 <em>Democrat Blues</em>.</p>
<p>D&#8217;autres artistes préfèrent apostropher directement les présidents dans leurs chansons.<br />
En 1991, dans un album intitulé <em>Stormy Desert Blues</em>, Cooper Terry compose un <em>White house blues</em> où il interpelle le président Georges H. Bush et Gaye Adegbalola épingle son fils en 2008, dans <em>Deja vu Blues</em>. Plus près de nous, Guitar Shorty dans <em>Please Mr. President</em> s&#8217;adresse au Président, cette fois Barack Obama, à qui Davis Evans dédie également uns chanson: <em>Obama man</em>. Mem Shannon dans <em>Wrong people in charge</em> et Joe Louis Walker avec la chanson <em>Preacher And The President</em> (dans l&#8217;album du même nom) fustigent les politiciens qui s&#8217;engraissent sur le dos des électeurs. Doug MacLeod nous livre aussi son opinion dans <em>Dubb&#8217;s Talkin&#8217; Politician Blues</em>.</p>
<p>Plus nombreux sont les artistes qui rendent hommage à leur façon aux présidents défunts, en particulier avec ce titre<em> Dead Presidents</em> enregistré pour la première fois sous les doigts de Little Walter Jacobs. Notons que l&#8217;expression &laquo;&nbsp;Dead presidents&nbsp;&raquo; est aussi une façon de parler de l&#8217;argent en général à cause de l&#8217;effigie des présidents frappée sur les pièces de monnaie ou imprimée sur les billets de banque&#8230;</p>
<p><span style="color: #808080">A écouter:<strong> Blues et politique, partie 1 </strong></span></p>
<p>De tous les blues en l&#8217;honneur d&#8217;un homme d&#8217;État, c&#8217;est sans doute Roosevelt et Kennedy qui ont suscité la plus grande inspiration.<br />
Quand Delano Roosevelt devient président des États-Unis, des centaines de Noirs américains, traditionnellement Républicains, désertent le parti d&#8217;Abraham Lincoln (qui, dans la mémoire collective, reste le symbole de l&#8217;homme ayant libéré les esclaves) et votent Démocrate. En introduisant un nouveau style de gouvernement, par exemple ses interventions régulières à la radio, donnant ainsi l&#8217;impression d&#8217;être plus proche et à l&#8217;écoute de ses administrés, mais aussi par le &laquo;&nbsp;cabinet noir&nbsp;&raquo; dont il savait recueillir les conseils avisés (<a name="retour au texte10" href="#note10">10</a>), Roosevelt était devenu très populaire dans la communauté noire. Ce dont témoignent quelques chansons telles que <em>Tell Me Why You Like Roosevelt?</em> d&#8217;Otis Jackson ou <em>His Spirit Lives On</em> de Big Joe Williams et <em>President Blues </em> de Jack Kelly qui lui rend hommage en 1933 pour les bienfaits rendus à la communauté noire (<a name="retour au texte11" href="#note11">11</a>).</p>
<div id="attachment_210" class="wp-caption alignright" style="width: 300px"><a href="http://blogs.radiocanut.org/bluesdescanuts/files/2013/01/travailleurs_WPA.jpg"><img class="size-full wp-image-210" src="http://blogs.radiocanut.org/bluesdescanuts/files/2013/01/travailleurs_WPA.jpg" alt="Ouvriers sur un chantier de la WPA (1939)" width="290" height="185" /></a><p class="wp-caption-text">Ouvriers sur un chantier de la WPA (1939)</p></div>
<p>A propos de sa politique sociale, de nombreux titres évoquent les mesures prises par son gouvernement au cours de ses trois mandats successifs, pendant lesquels, son administration va lancer un programme de &laquo;&nbsp;Nouvelle Répartition&nbsp;&raquo; appelé &laquo;&nbsp;New Deal&nbsp;&raquo;, via notamment la Work Projects Administration (ou WPA). Il va se composer à la fois d&#8217;aides et de subventions sociales et de gigantesques chantiers pour développer l&#8217;infrastructure du pays (routes, barrages, logements sociaux, écoles, hôpitaux, etc&#8230;), absorbant ainsi une bonne partie de la main d&#8217;œuvre au chômage. Cependant, la discrimination raciale est encore à l&#8217;œuvre dans la distribution des aides du gouvernement. Entre les propriétaires blancs qui détournent allègrement les subventions agricoles à leur avantage, les fonctionnaires racistes qui octroient aux ayants droits de couleur des allocations inférieures à celles versées aux blancs démunis et les syndicats qui s&#8217;opposaient à l&#8217;embauche des ouvriers non-blancs, les auteur-e-s de Blues saluent effectivement ces mesures sociales mais avec parfois un humour caustique, voire désabusé. Ainsi Josh White, Sampson Pittman et Calvin Frazier, entre autres, livrent leur interprétation personnelle de <em>Welfare blues</em>, tandis que le pianiste Speckled Red s&#8217;insurge dans sa version contre les discriminations dans la distribution des aides de l&#8217;État.</p>
<p><span style="color: #808080">A écouter:<strong> Blues et politique, partie 2 </strong></span></p>
<p>En 1933, Jimmie Gordon, Peetie Weatstraw ou Washboard Sam expriment avec un humour caustique la désillusion largement éprouvée devant des emplois qui restent subordonnés à l&#8217;arbitraire de contremaîtres racistes dans <em>Don&#8217;t Take Away My WPA</em> pour le premier et <em>New working on the project</em> pour le second. Il est vrai que quand on dresse le bilan de sa politique, on compte peu d&#8217;avancées concrètes au niveau des Droits Civiques, Roosevelt ménageant aussi l&#8217;aile conservatrice de son électorat.<br />
Notons encore que Guitar Gabriel compose <em>The Welfare Blues</em> mais le morceau ne sort malheureusement pas avant 2009. Dans les années trente toujours, Big Bill Broonzy et Casey Bill Weldon interprètent <em>WPA Blues</em>. Ce dernier y évoque plus spécifiquement le projet de réaménagement des quartiers insalubres et poursuivra un discours plus général sur le WPA dans <em>Casey Bill&#8217;s New WPA</em>. Dans les années quarante, Sonny Boy Williamson reprend le thème dans <em>Welfare store blues</em>. En 1999, Odetta Holmes interprète la version de Big Bill Broonzy dans son album <em>Blues Everywhere I Go</em> où elle revisite de nombreux blues sociaux des années 20 et 30. Quant à Carl Martin s&#8217;il appelle de ses vœux <em>A Brand New Deal</em>, c&#8217;est en référence à l&#8217;échec du projet, entrepris en 1935, d&#8217;unifier le salaire horaire au niveau national par la National Recovery Administration (NRA). Son House chante <em>Governement camp blues</em> et une dizaine d&#8217;années plus tard <em>Government Fleet Blues</em>, repris en 2008 par Rory Block dans l&#8217;album <em>Blues Walkin&#8217; Like A Man</em>. Sleepy John Estes qui exprime avec un style si personnel la misère qu&#8217;il connaît bien aborde le sujet des programmes d’aide sociaux du gouvernement dans <em>Governement money</em> et dans <em>Brownsville blues</em>.<br />
Leadbelly et Josh White, appréciés des milieux progressistes new-yorkais mais aussi d&#8217;Eleanor Roosevelt (elle invita plusieurs fois Josh White à la Maison Blanche) entonnent dans les années quarante <em>Dear President Roosevelt</em>. Leadbelly n&#8217;en est pas à sa première incursion chantée dans le champ social, on se souvient de <em>Scottsboro Boys</em> à propos du procès expéditif de neuf adolescents noirs accusés d&#8217;avoir violé deux femmes blanches le 25 mars 1931. Josh White quant à lui, était adhérent au parti Communiste dans les années trente, ce qui lui a valu par la suite des menaces de mort qui l&#8217;empêcheront d&#8217;honorer plusieurs dates, mais aussi l&#8217;incendie de sa maison par le KKK ainsi que les poursuites d&#8217;une commission d&#8217;enquête maccarthyste&#8230;<br />
Mais ceci est une autre histoire, revenons à Roosevelt. Annie Brewer lui dédie <em>Roosevelt blues</em> et Big Joe Williams chante <em>President Roosevelt</em>. Enfin, Freddy King, Albert Collins et Robert Cray, reprennent un titre de Lusious Weaver et Sonny Thompson <em>When the wellfare turns its back on you</em>, paru en 1932.</p>
<p><span style="color: #808080">A écouter:<strong> Blues et politique, partie 3 </strong></span></p>
<p>Mais le WPA appelle aussi de sévères critiques pour le contrôle social qu&#8217;il instaure sous le couvert de lutte contre la pauvreté, si l&#8217;on suit Laurent Jeanpierre qui préface la réédition du livre de Ben Reitman (<a name="retour au texte12" href="#note12">12</a>): &laquo;&nbsp;La <em>guerre contre la pauvreté</em> mise en œuvre par l&#8217;État-Providence américain sous le New Deal est aussi une guerre contre les pauvres, contre leur politisation possible et leur politisation potentielle. Toute la thématique du chômage volontaire, la culpabilisation, la ségrégation voire la criminalisation des pauvres et des inactifs vient de cette prévention préalable d&#8217;une sédition imaginaire possible. Les mesures prises en 1933 par Roosevelt apporteront les trois années suivantes une assistance financière d&#8217;urgence et sans contrepartie immédiate à 20 millions de personnes alors que les États-Unis comptent 15 millions de chômeurs et 120 millions d&#8217;habitants. C&#8217;est dans ce contexte qu&#8217;est créé un bureau fédéral des travailleurs transitoires (Federal Transient Bureau) à destination des hobos [ces travailleurs itinérants qui prenaient le train sans payer et dont l'évocation constitue un des thèmes récurrents du blues! - NDLA], dirigé par Neil Anderson, l&#8217;ex-hobo devenu ex-sociologue. Selon lui, la population du groupe s&#8217;est renouvelée de moitié en moins de 6 mois. Il fait alors construire des campements provisoires [les fameux <em>Governement camp blues</em> chantés entre autres par Son House – NDLA] et organise des travaux publics sur l&#8217;ensemble du territoire.<br />
Afin d&#8217;obtenir une aide, 2,5 millions de personnes doivent ainsi travailler pour l&#8217;État. Une assurance contre le chômage est prévue par Roosevelt en 1935 mais les mesures ne concernent en définitive que les personnes qui peuvent <em>mériter</em> cette aide en participant normalement à la production. En outre, l&#8217;aide prévue par les programmes fédéraux est toujours inférieure aux ressources qui proviendraient d&#8217;une activité.  (<a name="retour au texte13" href="#note13">13</a>)&nbsp;&raquo;</p>
<p><span style="color: #808080">A écouter:<strong> Blues et politique, partie 4 </strong></span></p>
<p>Toujours Laurent Jeanpierre: &laquo;&nbsp;L&#8217;établissement et l&#8217;application de tels critères de &laquo;&nbsp;mérite&nbsp;&raquo; sont en vérité tout l&#8217;enjeu des nouvelles politiques sociales car il permet d&#8217;exercer un contrôle constant sur les populations, soumettant celles-ci, au premier chef la &laquo;&nbsp;Hobohème&nbsp;&raquo;, à une dépendance et une surveillance permanentes au nom de l&#8217;assistance et à des normes d&#8217;autant plus arbitraires, imprécises et complexes qu&#8217;elles sont en réalité purement moralisantes. […] Les nouveaux hobos de la Grande Dépression offrent pourtant une brève résistance au contrôle de l&#8217;assistance. Ainsi le programme fédéral pour les travailleurs transitoires s&#8217;arrête-t-il en septembre 1935 parce que l&#8217;État Fédéral récuse de plus en plus les aides d&#8217;urgence inconditionnelles à la population, l&#8217;attribution de droits sociaux, mais aussi, selon l&#8217;aveu même d&#8217;Anderson, parce que &laquo;&nbsp;ce n&#8217;est pas un programme facile à administrer, parce que les moyens manquaient pour contrôler ou pour guider même le mouvement des migrants&nbsp;&raquo;. la plupart des  travailleurs itinérants se retrouveront au milieu des années 1930 sans aucune aide, d&#8217;autant qu&#8217;ils sont aussi rejetés des programmes d&#8217;aide au retour à l&#8217;activité, conditionnés eux à des critères de résidence. L&#8217;autonomie de la contre-culture hobo a fait place en quelques années à une tutelle envers les institutions d&#8217;État.&nbsp;&raquo;</p>
<p><span style="color: #808080">A écouter:<strong> Blues et politique, partie 5 </strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<div id="attachment_202" class="wp-caption alignright" style="width: 300px"><a href="http://blogs.radiocanut.org/bluesdescanuts/files/2013/01/JBLenoir.jpg"><img class="size-full wp-image-202" src="http://blogs.radiocanut.org/bluesdescanuts/files/2013/01/JBLenoir.jpg" alt="JB Lenoir" width="290" height="190" /></a><p class="wp-caption-text">JB Lenoir</p></div>
<p>Après l&#8217;ère Roosevelt, s&#8217;ouvre celle de Truman. Champion Jack Dupree l&#8217;encourage à poursuivre la politique sociale de son prédécesseur dans <em>God Bless Our New President</em>quelques mois après l&#8217;investiture de H. Truman – il devient président en janvier et la chanson est enregistrée en avril après le décès de  F.D.Roosevelt. D&#8217;ailleurs sur la face B on trouvait <em>FDR Blues</em> (pour Franklin Delano Roosevelt, bien sûr), où il célèbre le grand ami qui fit &laquo;&nbsp;la fierté de la race&nbsp;&raquo;&#8230; On attendait beaucoup de la relance économique d&#8217;après-guerre et Truman n&#8217;a pas su contenir l&#8217;inflation qui l&#8217;a rapidement rendu impopulaire. La période de récession qui s&#8217;amorce avec lui et qui va se poursuivre avec son successeur, Eisenhower, incite JB Lenoir à composé <em>Deep in debt blues</em> en 1951, mais surtout <em>Eisenhower Blues</em> en 1954. La chanson est rapidement retirée du marché avant d&#8217;être rééditée dans une version édulcorée sous le titre de <em>Tax Paying Blues</em>.</p>
<p>Mais JB chante également, dans <em>Everybody Wants To Know</em>:</p>
<blockquote><p>You rich people, listen, you better listen real deep<br />
If we poor peoples get hungry, we gonna take some food to eat<br />
(Vous, les riches vous feriez bien d&#8217;écouter attentivement<br />
Le jour où nous, les pauvres nous aurons vraiment faim, il faudra bien qu&#8217;on trouve à manger)</p></blockquote>
<p>Cette mise en garde à l&#8217;encontre des dominants, n&#8217;est pas sans rappeler les paroles de «Saw mill man blues» de Pleasant Joe :</p>
<blockquote><p>I didn&#8217;t built this world,<br />
But I sure can tear it down.<br />
(Ce n&#8217;est pas moi qui ai construit ce monde<br />
Mais je vous garantis que je suis capable de le foutre par terre.)</p></blockquote>
<p>Soulignons que JB n&#8217;est pas le seul à se sentir concerné par la détresse sociale que B.B. King évoque également dans <em>Recession Blues</em>.</p>
<p><span style="color: #808080">A écouter:<strong> Blues et politique, partie 6 </strong></span></p>
<p>Les hommages au Président Kennedy s&#8217;expriment à travers de nombreux blues, parmi lesquels, <em>President Kennedy</em> interprété par Son House ou par la suite Sleepy John Estes, qui signe également <em>President Kennedy Stayed Away Too</em> lors de la même séance d&#8217;enregistrement. Fin 1963, début 1964, Pete Welding enregistre une douzaine de blues acoustiques pour la compilation <em>Can’t Keep from Crying : Topical Blues on the Death of President Kennedy</em> dans laquelle on peut entendre <em>A man amongst men</em> de Big Joe Williams, <em>A man for the nation</em> de John Lee Granderson ou encore <em>President Kennedy Gave His Life</em> par Mary Ross. Au cours de sa tournée avec l&#8217;American Folk Blues Festival en 1964, Sleepy John Estes salue encore sa mémoire avec <em>Blues for JFK</em>. Perry Tillis lance un <em>Kennedy Moan</em> sur la bande d&#8217;un passionné suédois au début des années 70, mais hélas le titre ne sortira pas avant 2006. Freddy King chante <em>The Welfare</em> rappelle cette période sombre de l&#8217;ère Kennedy où l&#8217;image du défunt président en prend un coup. L&#8217;année suivante, Mighty Mo Rodgers continue le travail dans <em>The Kennedy song</em>, paru avec l&#8217;album <em>Blues Is My Waillin&#8217; Wall</em>.</p>
<p><span style="color: #808080">A écouter:<strong> Blues et politique, partie 7 </strong></span></p>
<p>Le gouvernement de Lyndon Johnson, quant à lui, reste marqué par la lutte pour la reconnaissance des droits civiques, l&#8217;assassinat de Martin Luther King et l&#8217;engagement des États-Unis dans la guerre du Vietnam. Notons que Agram Blues publie en 2011 une compilation intitulée <em>President Johsnon&#8217;s Blues</em> dans laquelle on retrouve entre autres John Lee Hooker chantant <em>Motor City Is Burning</em>, Jim Bunkley interprétant <em>Segregation Blues</em> ou encore King Solomon suppliant <em>Please Mr. President</em>. Ainsi que la plupart des titres évoqués dans notre article sur le Blues et les guerres  (<a name="retour au texte14" href="#note14">14</a>).</p>
<p><span style="color: #808080">A écouter:<strong> Blues et politique, partie 8 </strong></span></p>
<p>Après 1969 et l&#8217;arrivée au pouvoir de Richard Nixon, Clarence &laquo;&nbsp;Gatemouth&nbsp;&raquo; Brown s&#8217;adresse au président dans <em>Please Mr. Nixon</em> ainsi que dans <em>Don’t cut off your welfare line</em> afin qu&#8217;il ne coupe pas les programmes sociaux. Guitar Gabriel, lui emboîte le pas en 1970 avec <em>The Welfare Blues</em>, un titre enregistré sous le pseudonyme de Nyles Jones, suivi en 1972 par le texan Juke Boy Bonner dans <em>Funny money</em> et Thomas Shaw la même année avec <em>Richard Nixon&#8217;s Welfare Blues</em>. A la même époque Roy C’s chante <em>Open Letter To The President</em> à celui qui avait promis lors de sa campagne de mettre un terme rapide à la guerre du Vietnam tandis que King Solomon’s vitupère <em>Impeach The President</em> (<em>Impeachement</em> est la procédure de destitution d&#8217;un président aux USA). Howlin&#8217; Wolf revient sur l&#8217;affaire du Watergate dans <em>Watergate blues</em> sorti en Novembre 1973, de même que Big Joe Williams dans <em>Watergate Blues</em>. Arealan Brown réclame, lui aussi, la démission de Tricky Dicky -Richard le tricheur- dans<em> Impeach me</em>, enregistré avec l&#8217;harmoniciste de Chicago, Little Mack Simmons. Enfin, à la fin de son mandat, Thomas Shaw  interpelle à nouveau le président au sujet du bilan social catastrophique de son gouvernement dans <em>Hey, Mr. Nixon</em>.</p>
<p>Guido Van Rijn publie en juillet 2010 une étude en plusieurs volets sur des textes de blues et de gospel qu&#8217;il a choisi d&#8217;appeler <em>President&#8217;s Blues</em>. Il y recense près de 140 chansons sur la période 1961–1963 et en décortique une centaine portant sur Kennedy. Agram Blues publie une à une ces compilations, notamment <em>President Nixon&#8217;s Blues</em> – dans laquelle on retrouve la plupart des morceaux cités plus haut, ainsi que des titres sarcastiques sur la fierté américaine d&#8217;avoir été les premiers à marcher sur la lune, tel ce <em>Moon Blues</em> ou encore <em>A Coon On The Moon</em> d&#8217;Howlin&#8217; Wolf. Cet album est livré avec un <em>President Ford&#8217;s Blues</em> de 20 titres où sa politique est généralement associé à la course de l&#8217;inflation, au chômage et à la crise énergétique. On peut y entendre notamment un titre datant de 1947 chanté par Jack McVea, <em>Inflation blues</em>, qui sera chanté simultanément par J.C Burris,  J.Witherspoon en 1975 et encore John Primer en 1993 -c&#8217;est dire l&#8217;actualité malheureusement continue de ce titre!</p>
<p>Un peu plus tard, en 1983, Carey Bell et Louisiana red chantent <em>Reagan is for the rich man</em> à l&#8217;American Folk Blues Festival et Champion Jack Dupree ajoute une chanson au palmarès en 1984 avec <em>President Reagan</em>. Eddie Burns revent sur la question de l&#8217;inflation qui s&#8217;est accru sous le gouvernement Reagan avec <em>New Inflation blues</em> sorti en 1990. En 1995, Lucky Peterson fustige les profits exorbitants dégagés par des riches encore plus riches et moins nombreux au cours de la &laquo;&nbsp;crise&nbsp;&raquo; du pétrole pendant que les pauvres sont de plus en plus pauvres et de plus en plus nombreux dans le titre <em>I Ain&#8217;t Buyin&#8217;</em> sorti dans <em>Lifetime</em> en 1995.</p>
<p><span style="color: #808080">A écouter:<strong> Blues et politique, partie 9 </strong></span></p>
<p>Si Big Joe Williams évoque Thomas Jefferson dans <em>Jefferson And Franklin Blues</em> et si John Lee Hooker rend hommage à Abraham Lincoln dans <em>Blues For Abraham Lincoln</em> pour avoir mis fin à l&#8217;esclavage, Blind Willie Johnson semble être le premier à se montrer impertinent envers un président avec <em>When The War Was On</em>. Seul titre de son répertoire exempt de toute référence religieuse, la chanson, qui traite de la Première Guerre Mondiale, présente le président de l’époque, Woodrow Wilson, comme &laquo;&nbsp;perché sur son trône&nbsp;&raquo; -ce qui n&#8217;a rien de choquant aujourd&#8217;hui, mais dans les années 20 et de la part d&#8217;un petit paysan noir, avait une autre allure&#8230; D&#8217;ailleurs, on peut dire que Johnson sent bien qu&#8217;il risque d&#8217;aller trop loin dans cette chanson car, à la fin de la strophe, il préfère glisser une éblouissante partie de guitare et laisser l&#8217;auditeur imaginer la nature de la discrimination qu&#8217;il dénonce dans les rangs de l&#8217;armée.<br />
En 1994, Sunnyland Slim sort un album intitulé <em>Be Careful How you Vote</em>, reprenant le titre qu&#8217;il chantait déjà en 1980: <em>Depression Blues</em>, après Tampa Red, Yank Rachell et avant Steve Brown en 2008. Dans <em>Tough times</em> encore, que chantent également Elmore James et John Brim, Muddy Waters salue la mémoire de Lyndon Johnson pour avoir ratifié en 1964 le Civil Rights Act et en 1965 le Voting Rights Act, lois qu&#8217;aurait dû mettre en place Kennedy.</p>
<div id="attachment_201" class="wp-caption alignright" style="width: 300px"><a href="http://blogs.radiocanut.org/bluesdescanuts/files/2013/01/ChampionJackDupree.jpg"><img class="size-full wp-image-201" src="http://blogs.radiocanut.org/bluesdescanuts/files/2013/01/ChampionJackDupree.jpg" alt="Champion Jack Dupree" width="290" height="181" /></a><p class="wp-caption-text">Champion Jack Dupree</p></div>
<p>Il est un autre personnage récurent dans les blues et que l&#8217;on ne peut passer sous silence: Martin Luther King. Champion Jack Dupree compose en 1968 <em>Death of Luther King</em> et Otis Spann lui dédie <em>Tribute to Martin Luther King</em> et Big Joe Williams <em>The death of Dr. Martin Luther King</em>. Otis Spann livre son hommage en revenant sur les événements tragiques qui se sont déroulés à l&#8217;<em>Hotel Lorraine</em> et Koko Taylor apostrophe le président Johnson dans <em>Separate or Integrate</em> quand Juke Boy Bonner revendique <em>Being Black And I’m Proud</em> l&#8217;année d&#8217;après en 1969. En 1961, JB Lenoir compose <em>Shot on James Meredith</em> dans lequel il interpelle à son tour le président Johnson sur les poursuites que devait encourir l&#8217;homme blanc qui avait tiré dans le dos du premier étudiant noir de l&#8217;histoire des États-Unis. Howlin&#8217; Wolf enregistre<em> I had a dream</em> à Chicago le 26 janvier 1972 dans lequel le refrain renvoie directement au célèbre discours de MLK le 28 août 1963.<br />
Enfin, en 1994, Luther Allison s&#8217;appuie encore sur la dimension symbolique du personnage pour dénoncer tous les apartheid dans l&#8217;émouvant <em>Freedom</em>.</p>
<p><em>Alabama bus</em> de Will Hairston rend hommage à Rosa Parks, cette femme couturière qui en 1955 refusa de céder sa place à un blanc dans un bus de Montgomery, déclenchant le boycott des transports dans la ville jusqu&#8217;à ce que, l&#8217;année suivante, la Cour Suprême se prononce contre la ségrégation dans les autobus. Suite à cette décision de justice, les &laquo;&nbsp;Voyageurs de la Liberté&nbsp;&raquo;, partis de Washington en mai 1961 pour faire appliquer la nouvelle loi, faillirent se faire lyncher par une foule hystérique. Ce sont eux qui inspirent John Lee Hooker pour son <em>Birmingham blues</em>.</p>
<p>Il y a encore un autre personnage historique qui apparaît suffisamment de fois pour qu&#8217;on le mentionne, c&#8217;est Adolf Hitler, cité souvent d&#8217;ailleurs pour soutenir l&#8217;engagement américain dans la seconde guerre mondiale. Entre 1940 et 1945, une vingtaine de titres qu&#8217;on retrouve dans la compilation <em>Kickin&#8217; Hitlers Butt</em> sortie en 2007, sont publiés à cet effet parmi lesquels: <em>Hitler blues</em> de Florida Kid, <em>Roosevelt &amp; Hitler part 1 &amp; 2</em> de Buster &laquo;&nbsp;Buzz&nbsp;&raquo; Ezell, <em>Round and round Hitler&#8217;s grave</em> de Woody Guthrie et Pete Seeger, préalablement sorti en 1942 sous le titre <em>Dear Mr. President</em>, Leadbelly et Josh White y chantent <em>Hitler Song</em>, tout en interprétant aussi chacun de leur côté <em>Mr. Hitler</em> pour le premier et <em>Fuehrer</em> pour le second. Enfin R.L.Burnside, dans l&#8217;album <em>Ass Pocket of Wiskhey</em> de 2005, chante <em>Tojo told Hitler</em>.</p>
<p><span style="color: #808080">A écouter:<strong> Blues et politique, 10eme (et dernière) partie </strong></span></p>
<p>Dans un autre registre, Big Bill Broonzy semble avoir inspiré bon nombre d&#8217;artistes à la suite de son <em>Just A Dream 2</em> daté de 1939. L&#8217;idée d&#8217;un Noir président n&#8217;était à l&#8217;époque que pure fantaisie, comme il nous le fait entendre :</p>
<blockquote><p>Dreamed I was in the White House, sittin’ in the president’s chair.<br />
I dreamed he’s shaking my hand, said «Bill, I’m glad you’re here»<br />
But that was just a dream. What a dream I had on my mind<br />
And when I woke up, not a chair could I find</p>
<p>J&#8217;ai rêvé que j&#8217;étais à la Maison Blanche, assis dans la chaise du président<br />
J&#8217;ai rêvé qu&#8217;il m&#8217;a serré la main en me disant &laquo;&nbsp;Bill, je suis content que tu sois là&nbsp;&raquo;<br />
Mais ce n&#8217;était qu&#8217;un rêve. Le genre de rêves qui tournent dans ma tête<br />
Et quand je me suis réveillé, il n&#8217;y avait même pas de chaise dans ma pièce.</p></blockquote>
<p>Sur les pas de Louis Amstrong,  J.C. Burris interprète avec près de 25 ans d&#8217;avance <em>Black President</em> (c&#8217;est d&#8217;ailleurs le titre d&#8217;un de ses albums) au San Fransisco Blues Festival de 1986 et c&#8217;est  Blind Lemon Pledge qui sort en mai 2009 <em>Black man inna White House</em>. Johnny Shines quant à lui enregistre dés 1953 <em>Livin’ In The White House</em> et dans <em>Red’s Dream</em>, Louisiana’s Red s&#8217;imagine arriver aux Nations Unies et régler tous les problèmes à sa façon&#8230;  Enfin, terminons par un morceau de choix, le titre d&#8217;Howard Glazer qui livre son opinion sur les lois liberticides qui ont été promulguées suite aux attentats du 11 septembre à New-York, dans l&#8217;incisif <em>Patriot Act Mix</em>.</p>
<p>Ainsi, les blues proprement &laquo;&nbsp;politiques&nbsp;&raquo; sont proportionnellement peu nombreux dans la galaxie du genre, mais ces quelques dizaines de titres suffisent à sortir le Blues d&#8217;un apolitisme de façade qui cache bien souvent, comme le constatent les sociologues, une idéologie réactionnaire qui tendrait à dépolitiser nos actes&#8230; comme si le Blues pouvait exister en dehors de l&#8217;oppression qui l&#8217;a vu naître!<br />
Laissons donc le dernier mot à Nina Van Horn qui écrit dans <em>Hell Of A Woman!</em>, livre accompagné d&#8217;un CD publié en 2009: &laquo;&nbsp;Partager devrait être le maître mot de notre civilisation et, parfois, il est du devoir des artistes d&#8217;utiliser leur talent pour que le monde soit un tout petit peu meilleur.&nbsp;&raquo;</p>
<hr />
<address>Cette liste n&#8217;est sûrement pas exhaustive. Si vous souhaitez la compléter, la discuter ou simplement partager vos réactions, vous pouvez me contacter à l&#8217;adresse suivante : <strong><a href="mailto:comboquilombo@online.fr">comboquilombo@online.fr</a></strong></address>
<address><strong><br />
</strong></address>
<hr />
<h3>Notes :</h3>
<h5><strong><a name="note1">(1)</a></strong> Comment ne pas penser à Léo Ferré pour qui &laquo;&nbsp;Les plus beaux chants sont les chants de revendication!&nbsp;&raquo; (Préface de <em>Léo Ferré</em>, éditions La Mémoire et la Mer, 1969)? On peut même aller plus loin avec lui lorsqu&#8217;il écrit: &laquo;&nbsp;Le jour où nous aurons nos tripes à l&#8217;américaine, nous leur ferons des enfants de là-bas&#8230; Avec la musique des esclaves!&nbsp;&raquo; (Livret <em>Poètes, vos papiers!</em> &#8211; <em>Amour Anarchie</em>, 1970)<br />
<em>(<a href="#retour au texte1">Retour au texte</a>)</em><br />
<strong><a name="note2">(2)</a></strong> dans <em>Melody Maker</em>, juillet 1937. In <em>A la recherche de Robert Johnson</em> (P. Guralnick, Castormusic, 2008 – p.16)<br />
<em>(<a href="#retour au texte2">Retour au texte</a>)</em><br />
<strong><a name="note3">(3)</a></strong> Monique Pouget dans <em>Blues Magazine</em> n° 17<br />
<em>(<a href="#retour au texte3">Retour au texte</a>)</em><br />
<strong><a name="note4">(4)</a></strong> dans <em>The Souls Of Black Folk</em> (1903)<br />
<em>(<a href="#retour au texte4">Retour au texte</a>)</em><br />
<strong><a name="note6">(6)</a></strong> dans le n°114 de <em>Jazz Magazine</em> (janvier 1965)<br />
<em>(<a href="#retour au texte6">Retour au texte</a>)</em><br />
<strong><a name="note7">(7)</a></strong> <em>Nothing but the blues</em>, p.124<br />
<em>(<a href="#retour au texte7">Retour au texte</a>)</em><br />
<strong><a name="note8">(8)</a></strong> rapportés dans le n°12 de <em>X-road</em><br />
<em>(<a href="#retour au texte8">Retour au texte</a>)</em><br />
<strong><a name="note9">(9)</a></strong> dans <em>Crops Blues Mag</em> n°3 (janvier-février 2010)<br />
<em>(<a href="#retour au texte9">Retour au texte</a>)</em><br />
<strong><a name="note10">(10)</a></strong> Il nomme par exemple Mary Mc Leod Bethune (Présidente du Conseil National des FEMMES Noires) à l&#8217;Administration Nationale de la Jeunesse où elle entreprend un vaste programme d&#8217;alphabétisation et encourage de nombreux étudiants noirs à poursuivre leurs études par l&#8217;octroi de bourses d&#8217;Etat.<br />
<em>(<a href="#retour au texte10">Retour au texte</a>)</em><br />
<strong><a name="note11">(11)</a></strong> En 1935, 65 à 80 % des familles de couleurs vivant dans les états du sud contre la moitié de celles installées dans le nord du pays ont reçu des aides de l&#8217;Etat.<br />
<em>(<a href="#retour au texte11">Retour au texte</a>)</em><br />
<a name="note12">(<strong>12)</strong></a> Ben Reitman, in <em>Boxcar Bertha, Aventures d&#8217;une vagabonde anarchiste américaine</em> (Nautilus, 2008 &#8211; 1ère édition à Chicago en 1937).<br />
<em>(<a href="#retour au texte12">Retour au texte</a>)</em><br />
<strong><a name="note13">(13)</a></strong> Sur le contrôle social par le New Deal et par l&#8217;Etat-Providence:<br />
Richard A. Cloward, Frances F. Piven, <em>Regulating the Poor, The Fonction of Public Welfare</em> &#8211; New York (Pantheon Books, 1971)<br />
Robert Castel, <em>La «Guerre contre la pauvreté» aux Etats-Unis: le statut de la misère dans une société d&#8217;abondance</em> (Actes de la recherche en sciences-sociales n° 19, janvier 1978)<br />
<em>(<a href="#retour au texte13">Retour au texte</a>)</em><br />
<strong><a name="note14">(14)</a></strong> Pour plus d&#8217;infos sur les rapports entre le blues et les guerres, voir notre article sur <a href="http://www.paris-move.com/zik-dedicated.php?id=680" target="_blank">http://www.paris-move.com/zik-dedicated.php?id=680</a><br />
<em>(<a href="#retour au texte14">Retour au texte</a>)</em></h5>
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		<title>Nos émissions sur le Collectif des Radios Blues</title>
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		<pubDate>Thu, 27 Dec 2012 00:33:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>bluesdescanuts</dc:creator>
				<category><![CDATA[A ECOUTER !]]></category>

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		<description><![CDATA[Vous pouvez retrouver un grand nombre de nos émissions en écoute sur le site Internet du Collectif des Radios Blues, à cette adresse: http://www.radiosblues.com/Le-Blues-des-Canuts Parmi les dernières mises en ligne: le Blues et le travail, le Blues et la misère, &#8230; <a href="http://blogs.radiocanut.org/bluesdescanuts/2012/12/27/nos-emissions-sur-le-collectif-des-radios-blues/">Continuer la lecture <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://blogs.radiocanut.org/bluesdescanuts/files/2012/12/crblues.jpg"><img class="alignright size-full wp-image-94" src="http://blogs.radiocanut.org/bluesdescanuts/files/2012/12/crblues.jpg" alt="" width="170" height="170" /></a>Vous pouvez retrouver un grand nombre de nos émissions en écoute sur le <strong>site Internet du Collectif des Radios Blues</strong>, à cette adresse:</p>
<p><a href="http://www.radiosblues.com/Le-Blues-des-Canuts" target="_blank"><strong>http://www.radiosblues.com/Le-Blues-des-Canuts</strong></a></p>
<p>Parmi les dernières mises en ligne: le Blues et le travail, le Blues et la misère, le Blues et la prison, le Blues et la crise&#8230;</p>
<p>Et bien sûr, comme son nom l&#8217;indique, ce site regroupe bien d&#8217;autres émissions francophones sur le blues.</p>
<p>Bonne écoute !</p>
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		<title>Le Blues et la police</title>
		<link>http://blogs.radiocanut.org/bluesdescanuts/2012/03/15/le-blues-et-la-police/</link>
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		<pubDate>Thu, 15 Mar 2012 10:13:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>bluesdescanuts</dc:creator>
				<category><![CDATA[A ECOUTER !]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://blogs.radiocanut.org/bluesdescanuts/?p=45</guid>
		<description><![CDATA[Et voici une brochette de blues dressant un &#171;&#160;portrait-robot&#160;&#187; de la police&#8230; ou comment est perçue la police par les blues-wo-men! Ecoutez l&#8217;émission: Ou bien, vous pouvez télécharger l&#8217;émission ici.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://blogs.radiocanut.org/bluesdescanuts/files/2012/03/Blues-et-police.jpg"><img class="size-full wp-image-73 alignleft" src="http://blogs.radiocanut.org/bluesdescanuts/files/2012/03/Blues-et-police.jpg" alt="" width="215" height="300" /></a><strong>Et voici une brochette de blues dressant un &laquo;&nbsp;portrait-robot&nbsp;&raquo; de la police&#8230; ou comment est perçue la police par les blues-wo-men!</strong></p>
<p>Ecoutez l&#8217;émission: </p>
<p>Ou bien, vous pouvez télécharger l&#8217;émission <strong><a href="http://blogs.radiocanut.org/bluesdescanuts/files/2012/03/Le-Blues-et-la-Police-.mp3">ici</a></strong>.</p>
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		<title>Didier-Marc Bourelle</title>
		<link>http://blogs.radiocanut.org/bluesdescanuts/2011/11/19/emission-du-16-novembre-2011/</link>
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		<pubDate>Sat, 19 Nov 2011 12:49:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>bluesdescanuts</dc:creator>
				<category><![CDATA[A ECOUTER !]]></category>

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		<description><![CDATA[Dans notre émission du 16 novembre 2011, nous recevions Didier-Marc Bourelle. Celui-ci a 55 ans et il est activiste dans le domaine musical depuis 1975, tant dans le domaine de l’éducation que dans la vie artistique locale. Il ne voit &#8230; <a href="http://blogs.radiocanut.org/bluesdescanuts/2011/11/19/emission-du-16-novembre-2011/">Continuer la lecture <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignright size-medium wp-image-14" src="http://blogs.radiocanut.org/bluesdescanuts/files/2011/11/0000028262-Logo-D-McB-7oct11-219x300.jpg" alt="" width="219" height="300" /><strong>Dans notre émission du 16 novembre 2011, nous recevions Didier-Marc Bourelle.</strong><br />
Celui-ci a 55 ans et il est activiste dans le domaine musical depuis 1975, tant dans le domaine de l’éducation que dans la vie artistique locale. Il ne voit cependant aucun intérêt à étaler ce qu’il a pu réaliser.  Cela n’a d’ailleurs jamais fait beaucoup parler de lui et il a bien été obligé de s’en foutre. Il vient d’enregistrer et autoproduit son album <em>From Nowhere</em>.</p>
<p>Didier-Marc Bourelle déteste le gros showbiz, la société du spectacle &#8211; consommation et l’apathie ambiante. Il pense que la culture au quotidien et  l’expression artistique, authentiques et mises à la portée de tous, sont des éléments vitaux pour le bonheur de l’individu et l’équilibre du corps social. Il s’étonne tous les jours du peu de place que ces idées simples tiennent dans les projets politiques du moment.</p>
<p>Didier-Marc Bourelle se sent devenir atrabilaire et parfois s’en inquiète. En même temps, il se dit qu’on a besoin de gens comme lui: des types qui ne supportent pas le monde qu’on leur impose et qui veulent être dans le camp de ceux qui ont la possibilité de le dire et de proposer des alternatives, à leur mesure&#8230;</p>
<p>Son site web: <a href="http://www.didiermarcbourelle.com/" target="_blank">http://www.didiermarcbourelle.com/</a></p>
<p>Ecoutez l&#8217;émission: </p>
<p>Ou téléchargez-la <strong><a href="http://blogs.radiocanut.org/bluesdescanuts/files/2011/11/Didier-Marc-Bourelle-dans-Le-Blues-Des-Canuts.mp3">ici</a></strong>.</p>
<p><a href="http://blogs.radiocanut.org/bluesdescanuts/files/2011/11/0000028262-D-McB-RECTO-CD.jpg"><img class="aligncenter size-thumbnail wp-image-13" src="http://blogs.radiocanut.org/bluesdescanuts/files/2011/11/0000028262-D-McB-RECTO-CD-150x150.jpg" alt="" width="150" height="150" /></a></p>
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	</item>
		<item>
		<title>Salut à toutes et tous&#160;!</title>
		<link>http://blogs.radiocanut.org/bluesdescanuts/2011/10/26/bonjour-tout-le-monde/</link>
		<comments>http://blogs.radiocanut.org/bluesdescanuts/2011/10/26/bonjour-tout-le-monde/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 26 Oct 2011 19:26:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>bluesdescanuts</dc:creator>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://blogs.radiocanut.org/bluesdescanuts/?p=1</guid>
		<description><![CDATA[Bienvenue sur le blog du Blues des Canuts! Vous retrouverez ici tout un tas d&#8217;infos  complémentaires sur les artistes et thèmes que nous évoquons dans l&#8217;émission. Le Blues des Canuts, c&#8217;est sur Radio Canut (à écouter sur la FM 102.2 &#8230; <a href="http://blogs.radiocanut.org/bluesdescanuts/2011/10/26/bonjour-tout-le-monde/">Continuer la lecture <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Bienvenue sur le blog du Blues des Canuts!</strong></p>
<p>Vous retrouverez ici tout un tas d&#8217;infos  complémentaires sur les artistes et thèmes que nous évoquons dans l&#8217;émission.</p>
<p>Le Blues des Canuts, c&#8217;est sur Radio Canut (à écouter sur la FM 102.2 ou sur <a href="http://radio.canut.free.fr/">radio.canut.free.fr</a>) tous les mercredi de 15 à 16h.</p>
<p>+ d&#8217;infos ici : <a href="http://blogs.radiocanut.org/bluesdescanuts/presentation/">http://blogs.radiocanut.org/bluesdescanuts/presentation/</a></p>
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