THERION, mardi 09 Octobre 2012, Transbordeur, Lyon

2 ans après son dernier passage, le groupe de métal symphonique THERION fait une escale au Transbordeur. Cette nouvelle tournée des Suédois marque 2 événements importants : les 25 ans du groupe (longévité remarquable pour le style) et la sortie d’un nouvel album, sobrement intitulé « Les Fleurs du Mal » (en français dans le texte).
Peu avant le début de la tournée, Christofer Johnson, le leader absolu de THERION a annoncé qu’elle serait la dernière avant un petit moment. Le prolixe compositeur veut enfin s’atteler à son projet d’Opéra Métal, entamé il y a une dizaine d’années et jamais achevé. Du coup, le groupe va entrer dans une longue phase d’hibernation …
Personnellement, j’ai été un fan absolu de ce groupe. Notamment, l’album « Theli » sorti en 1996 m’a marqué au fer rouge : il fait partie des 5 albums que j’emmènerai sur une ile déserte. Mais, dernièrement, j’avoue avoir eu le plus grand mal à suivre l’actualité chargée du groupe : une multitude d’albums, de concerts … Nous avons été submergés. Du coup, une certaine lassitude s’est installée.
De mon point de vue, ce break ne peut être que salutaire. C’est l’occasion de se ressourcer et de repartir plus fort.
Mais, nous n’en sommes pas encore là. Avant cette pause, THERION nous a donc gratifié d’un nouvel album, « Les Fleurs du Mal ». Inutile de préciser que ce disque a fait couler beaucoup d’encre : en effet, cet album est tout simplement un recueil de reprises de chansons françaises. Oui ! Oui ! Vous avez bien lu … Les Suédois ont tenté de s’approprier plusieurs standards de variétoche issus pour la plupart des années yéyés (Gainsbourg, France Gall, François Feldman …) en les réadaptant à leur sauce métal symphonique pompeux. Choix osé voire carrément suicidaire commercialement parlant.
Honnêtement, je n’avais pas imaginé que ce genre de chansons puisse plaire aux Suédois. J’avais sans doute sous-estimé leur portée.
Pour la petite histoire, Nuclear Blast, le label de THERION a refusé de sortir le disque : trop « extrême » sans doute. Du coup, le groupe a fait le choix d’autoproduire son album et de le vendre par ses propres moyens. Courageux !

 

THERION
Accompagné de ma douce et tendre Mortange, je retrouve le grand Timonier, Laurent, à l’entrée de la salle.
La grande salle du Transbordeur a été ouverte pour accueillir THERION. Bonne nouvelle même si les rideaux ont été tirées, coupant la salle en 2. A vue de nez, 500 personnes ont fait le déplacement, ce qui finalement n’est pas si mal quand on se souvient par exemple, qu’au mois de Mai, PARADISE LOST jouait dans la petite salle.
Habituellement, les concerts de THERION sont de grands spectacles dotés d’une mise en scène recherchée avec éléments de décors, déguisements gothiques … Le groupe a fait le choix de s’appuyer sur 4 chanteurs qui transcendent littéralement son métal symphonique.
Malheureusement, juste avant le début de la tournée, Snowy Shaw, un des charismatiques chanteurs a jeté l’éponge. Donc, seuls 3 chanteurs participent à cette série de concerts : Lori Lewis (la belle soprano américaine), Thomas Vikström (ancien chanteur de Candlemass) et Linnea Vikström (charmante fille de Thomas).
Cependant, malgré son joli minois, vocalement, Linnea ne sert quasiment à rien … et le show s’articule donc naturellement autour des seuls Lori Lewis et Thomas Vikström. Heureusement, ces 2 chanteurs sont largement capables de porter le concert sur leurs épaules tant leur talent est grand. Ils proposent une interprétation assez raffinée digne d’un spectacle de mimes. Chaque chanson de THERION est l’occasion d’une véritable représentation théâtrale. Tour à tour, les 3 chanteurs se succèdent sur le devant de la scène, se présentant en duo, trio … Du coup, le concert est extrêmement dynamique, finalement bien loin d’un classique concert de métal.
Par contre, contrastant avec les précédentes tournées du gang, aucun décor n’accompagne THERION sur scène. Heureusement, les musiciens ont gardé leurs costumes grandiloquents évoquant une sorte d’atmosphère steam-punk des plus réussies.
Cette absence de décor est largement compensée par la théâtralité des musiciens, qui semblent habités par la musique. Chaque chanson est l’occasion de mimer les paroles avec une gestuelle très éloquente. Le jeu de lumières est au diapason, permettant de jouer sur les ambiances dégagées par les morceaux.
Le seul bémol vient des 3 extraits des « Fleurs du mal » proposées par THERION ce soir. L’interprétation de ces chansons françaises laisse planer un certain malaise dans la salle. Les Suédois pensent certainement nous faire plaisir à nous, Français, en reprenant ces morceaux. Mais, honnêtement, c’est le four. Le public reste dubitatif devant la ringardise de la chose. Personnellement, par exemple, je suis un peu gêné par « J’ai le mal de toi » de Betty Mars (quelqu’un connait cette artiste française ?) qui sonne assez creux.
Globalement, d’ailleurs, la set-liste me laisse un peu sur ma faim. Les envolées métalliques sont moins présentes, et le concert penche vers une forme très adoucie qui ne me plait guère.
Au final, un concert réussi, même si la lassitude que j’évoquais en introduction est bien présente. Ne pas voir THERION pendant un moment va nous faire du bien … en espérant qu’ils reviendront plus forts et plus captivants.

 

Set-liste THERION
01. O Fortuna
02. Poupée de Cire, Poupée de Son
03. Son of the Sun
04. Via Nocturna
05. The Flight of the Lord of Flies
06. J’ai le mal de toi
07. Abraxas
08. Vanaheim
09. Lemuria
10. Gothic Kabbalah
11. The Siren of the Woods
12. Ginnungagap
13. Land of Canaan
14. Wine of Aluqah
15. The Rise of Sodom and Gomorrah
16. The Khlysti Evangelist
17. Une Fleur dans le Coeur
18. Son of the Staves of Time
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19. The Wondrous World of Punt
20. The Blood of Kingu
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21. To Mega Therion
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