BIOHAZARD / ELUVEITIE / LE BAL DES ENRAGES / AGNOSTIC FRONT / DOWNSET, dimanche 11 aout 2013, Sylak Open Air, Saint-Maurice-de-Gourdans par Raf

Au cœur de ce bel été ensoleillé, je continue ma petite tournée des festivals français : après un Hellfest grandiloquent, des Nuits de Fourvière apaisées et une édition sautillante des Eurockéennes, il est l’heure de s’intéresser au SYLAK OPEN AIR niché au cœur de la plaine de l’Ain, dans le grand Est Lyonnais, plus précisément dans le sémillant village de Saint-Maurice-de-Gourdans.

Né de la volonté farouche de quelques passionnés, le SYLAK OPEN AIR se présentait initialement comme un petit évènement régional. Cependant, le succès aidant, le festival tend à grossir d’une année sur l’autre. Ainsi, la première édition fut essentiellement centrée sur les groupes locaux et la 2e commença à ouvrir timidement sa programmation à l’international. En 2013, le SYLAK passe un gros cap en proposant de véritables pointures du genre : BIOHAZARD, EYEHATEGOD, AGNOSTIC FRONT, NASHVILLE PUSSY, ELUVEITIE …

Se tenant sur 3 jours, le SYLAK OPEN AIR s’est toujours démarqué par sa dimension chaleureuse et son programme un brin déjantée. Ainsi, tous les ans, un artiste décalé est invité à se produire le samedi soir. Ainsi, après Bernard Minet et Corbier, ce sont les Nantais d’ELMER FOOT BEAT qui viennent se caler entre NASHVILLE PUSSY et EYEHATEGOD le samedi : il fallait oser !

L’affiche proposée le dimanche offre une succession de groupes très intéressante et marquée par le Hardcore made in USA. Vont ainsi se succéder sur l’unique scène du SYLAK : DOWNSET, LE BAL DES ENRAGES, AGNOSTIC FRONT, ELUVEITIE et BIOHAZARD. Excusez du peu.

En plus de ces fournisseurs talentueux de décibels, le SYLAK a toujours proposé des activités alternatives genre toboggan géant, château gonflable, cracheurs de feu … donnant une véritable ambiance de kermesse familiale aux lieux.

Reste une inconnue : l’affluence ! En effet, le SYLAK a tenté le pari de modifier ses dates : initialement positionné début septembre, le festival a été avancé de plus d’un mois pour occuper le créneau de début Aout. Bon, c’est clair qu’il y a peu de concurrence à cette date. Par contre, les gens sont « normalement » en vacances. Donc, combien de gens se déplaceront ?

Et bien, bingo! Le pari fut une réussite : le record d’affluence a été battu. Près de 4500 personnes se sont déplacées pendant ces 3 jours faisant du SYLAK une très belle fête ! Comme quoi, tout est possible ! Une certitude après ce succès populaire : le festival sera bien de retour pour une 4e édition l’année prochaine !

Avec JD, on profite de ce Week end ensoleillé de début Aout, pour se joindre à la fête dominicale.

DOWNSET

En terme de condition de jeu, la scène du SYLAK n’a pas changé : c’est la même qu’en 2012. Soigneusement installée entre les arbres, elle propose une visibilité très correcte. Le cadre du festival est très bucolique : nous sommes vraiment à la campagne.

Nous arrivons juste avant le concert de DOWNSET. Quelle surprise de voir ce groupe à l’affiche du SYLAK ! Vraiment un nom tout droit surgi du passé ! Dans les Années 90, les Hardcoreux californiens s’étaient fait connaitre avec un excellent opus « Downset » et son tube « Anger »…. A l’époque, ils étaient juste hébergés par le label Universal tout de même. Avec des propos socialement engagés, une fusion hip hop / Metal rondement menée et surtout quelques brulots bien sentis, le groupe avait réussi à faire son trou dans une scène pourtant déjà bien encombrée dans le genre. Après « Downset », l’album suivant « Do we speak a Dead language ? » finira d’enfoncer le clou artistiquement. Cependant, malgré ses qualités indéniables, DOWNSET n’a jamais vraiment décollé commercialement. Et les années 2000 vont voir le groupe complétement disparaitre de la circulation pour finir par splitter dans l’indifférence générale. J’en étais resté là.

Du coup, quelle ne fut pas ma surprise de les découvrir programmés au SYLAK, d’autant, que même durant leur période de gloire, DOWNSET n’a jamais trop tourné en Europe.
Bien calé dans la fosse, en face de la scène, je trépigne d’impatience en attendant leur arrivée sur scène. DOWNSET commence son concert avec un furieux « Empower » qui met tout de suite les points sur les « i ». La set-liste fait bien entendu la part belle aux 2 albums « Downset » et « Do we speak a Dead language ? ». Les titres sont parfaitement exécutés, mais la sauce ne prend pas vraiment. La faute à un son moyen (la basse disparait régulièrement du mix, la guitare aussi)? A un passage au milieu d’après-midi pendant la sieste ? Aucun idée mais le public semble découvrir le groupe, ignorant probablement que DOWNSET est un des plus valeureux vétérans de la scène hardcore. Du coup, l’assistance reste dubitative et passive, loin de la folie attendue. Pourtant Neil Romer, le nouveau chanteur percutant et athlétique ne ménage pas ses efforts. Seul le « Anger » joué en rappel (comment aurait-il pu en être autrement ?) va vraiment faire bouger la foule !

AGNOSTIC FRONT

Après cette semi-déception, ce sont carrément les parrains du hardcore newyorkais qui se présentent sur scène : AGNOSTIC FRONT ! Et la comparaison avec DOWNSET fait mal ! Car là, le public est tout de suite aux taquets ! Roger Miret, leader du Front est déchainé aussi, même s’il se débat avec des soucis de micros ! Les tubes s’enchainent : « For My Family » forcement, « Friend or Foe », « A Mi Manera »… même si le son n’est pas au top, l’énergie délivrée est incroyable. AGNOSTIC FRONT ne manquera pas de faire une petite reprise des Ramones qui va bien « Blitzkrieg Bop » avec quelques musiciens de DOWNSET en invité.

Quelques mômes sont invités à monter sur scène pour banger en chœur : « This is hardcore » tonne Roger Miret le sourire aux lèvres. Dans le pit, c’est la guerre ! Les pogos se succèdent dans une ambiance débridée. AGNOSTIC FRONT jouait en terrain conquis et ça s’est vu. Excellent show des Américains qui je crois, ont mis tout le monde d’accord.

LE BAL DES ENRAGES

Le groupe suivant va mettre des plombes à se présenter sur scène. Manifestement, les problèmes techniques s’accumulent en coulisse. LE BAL DES ENRAGES est très attendu, notamment par mon comparse JD qui a quasiment fait le déplacement juste pour eux. L’entracte s’éternise.

LE BAL DES ENRAGES est un collectif regroupant nombre d’artistes issus de la scène metal / rock alternatif française menés par Poun, le leader de BLACK BOMB A. L’idée : se faire plaisir en reprenant quelques standards Metal / Punk / Rock en Live. Se présentant comme un melting-pot de tubes intemporels, la set-liste fait invariablement un énorme carton !

Finalement, après de longues minutes d’attente, Reno le chanteur de Lofofora, lance enfin le show. Et bang ! “L’empereur Tomato Ketchup” (des Bérurier Noir) suivi de “Killin’ in the name of ….” (de qui vous savez) en entrée sont livrés en pâture au public impatient qui n’attendait que ça ! Je vous laisse imaginer la folie dans l’assistance qui s’en donne à cœur joie !!! Comment résister à cette formidable envie de se bouger le popotin !! La fiesta se propage de partout !

Les choses se gâtent un peu, quand LE BAL DES ENRAGES se met à exhiber un drapeau américain sur le titre « Holiday in Cambodia » Ce n’est guère du gout de DOWNSET, resté en backstage. Le musculeux Neil Romer débarque en force récupérer l’objet du délit. Drôle d’ambiance sur scène.

Les shows habituels du BAL DES ENRAGES durent presque 3 heures, les musiciens se relayant sans arrêt entre les morceaux. Dans le cadre du SYLAK, la prestation limitée à une heure est un poil frustrante. D’autant plus que compte tenu du retard pris au départ suite aux soucis techniques, plusieurs hymnes habituellement repris ne seront pas joués ce soir (je pense à « Antisocial » de Trust)

Bon je fais la fine bouche, car nous avons quand même eu le droit à « Walk » de Pantera (alors que Phil Anselmo au Hellfest n’a joué qu’un simple couplet de ce morceau uppercut) et au « Enter Sandman » des 4 horsemen)

Un excellent moment très consensuel …

Je vous laisse déguster la set-liste :

LE BAL DES ENRAGES – SYLAK OPEN AIR – 11 aout 2013

01. L’Empereur Tomato Ketchup (Bérurier Noir)
02. Killing in the Name (Rage Against the Machine)
03. Hate to Say I Told You So (The Hives)
04. If the Kids Are United (Sham 69)
05. Holiday in Cambodia (Dead Kennedys)
06. The Beautiful People (Marilyn Manson)
07. Réveille le punk (Svinkels)
08. I Wanna Be Your Dog (Iggy and The Stooges)
09. Feuer frei! (Rammstein)
10. Bad Reputation (Joan Jett and the Blackhearts)
11. Cayenne (Parabellum)
12. Maxwell Murder (Rancid)
13. Tostaky (Noir Désir)
14. Walk (Pantera)
15. Enter Sandman (Metallica)
16. Refuse/Resist (Sepultura)

ELUVEITIE

Le changement de style est radical avec le groupe suivant : les helvètes d’ELUVEITIE. Evoluant dans un pagan-folk metal assez soigné comme cela se fait beaucoup en ce moment, le groupe remporte un franc succès. A priori, ça fait plus d’un an et demi que le groupe est sur la route, et ça se voit. L’expérience acquise est mise en pratique : le son est plutôt bon, les morceaux sont bien exécutés, c’est propre ! Très professionnel comme spectacle.

Personnellement, avec JD, nous nous positionnons un poil en retrait … Nous ne sommes pas ultra fan du biniou metal et même si c’est bien fait, plutôt entrainant, il y a un petit quelque chose qui me gêne dans la démarche du groupe (manque de sincérité ?)
Le public n’en a cure et s’éclate sur les hymnes du groupe, dont la fameuse reprise d’un chant breton populaire (repris par Manau en d’autres temps) qui fait un carton incroyable.
Le chanteur / Leader s’évertue à galvaniser son public en lançant régulièrement « wall of death » et autres « circle pits » (sur du pagan metal ???) Les spectateurs se jettent dans la mêlée avec un bel enthousiasme !

Une vraie réussite ce concert, idéal de loin, pour siroter du houblon en se reposant.

BIOHAZARD

Les soucis techniques s’étant accumulés depuis le début de la journée, le retard pris par le festival commence à être important. Et c’est à prêt de 23h (soit avec presque 1 heure de retard) que les Américains de BIOHAZARD déboulent enfin. Le groupe semble en colère et évacue sa frustration de la meilleure des façons en proposant un concert à l’intensité hors du commun ! Les morceaux sont joués furieusement et du coup, claquent méchamment ! Bam bam !

Depuis le départ du bassiste star Evan Senfeld (pour suivre une carrière fructueuse de pornstar) il y a quelques années, le groupe se repose presque exclusivement sur les épaules de Billy Graziade. Le guitariste / chanteur est une bête de scène, n’hésitant pas régulièrement à se mêler au public, à monter sur les grilles … Enorme ! Le hardcore Metal de BIOHAZARD fait invariablement mouche, et malgré la fatigue, et les heures de concert accumulées depuis 3 jours, le public qui est resté jusqu’au bout lâche ses dernières forces dans la bataille.

La tête d’affiche pour BIOHAZARD n’était pas galvaudée. Les Américains emmenés par un leader au sommet de son art nous ont délivré un concert cataclysmique, puisant largement dans ses disques référentiels des Nineties (« Urban Discipline » et « State of the World Address » en tête).

Assurément LE concert du Week-end !

Après cette belle baffe, il est temps de répartir : y en a qui bossent demain !
Pour s’offrir un dernier moment de bonheur, toute l’organisation ainsi que plusieurs dizaines de bénévoles profitent de la fin du concert pour monter sur scène pousser leur grand cri de guerre « GRAOUUU ! » (inspiré du film « 300 »)
Ils peuvent être fiers : cette édition du SYLAK fut une vraie réussite !

En tout cas, quelle progression en 3 ans pour un événement aux dimensions initialement modestes ! Respect à tous les passionnés qui ont donné de leur temps pour que ce genre de festival puisse exister!

A l’année prochaine les gars, et merci pour tout.

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