HELLFEST X, 19-20-21 juin 2015, Clisson par Raph

Alors que la programmation du prochain Hellfest vient juste d’être annoncée, il est encore temps de se pencher sur l’édition précédente. Malgré un a priori négatif, cette édition a au final tenu toutes ses promesses et reste un évènement incontournable pour tout passionné de Metal.

hfx

Après une nouvelle année de labeur suivie de quelques heures de route, nous voici enfin arrivé aux portes de la Mecque du Metal : le Hellfest ! Alors qu’en amont, on nous avait promis monts et merveilles pour cette édition qui marquait le 10e anniversaire du festival, il faut bien dire que l’affiche nous avait laissé un peu sur notre faim. Comme une vague impression que ce sont toujours les mêmes groupes qui sont invités à la fête. Et toujours de grands absents : pas d’EVERGREY, JORN, KLONE, PRIMORDIAL, SULPHUR AEON, DISTURBED, KAMELOT, BRAINSTORM, MACHINE HEAD ou autre GRAND MAGUS.

Je reconnais que je peux passer pour un vieux blasé avec cette réaction, mais je dois avouer que cette année, c’est avec un enthousiasme moindre que j’ai pris la route. A priori, peu de groupes me faisaient vraiment triper. En cherchant bien, je pouvais citer GHOST BRIGADE et ORANGE GOBLIN. Autant dire une goutte d’eau compte tenu de l’épaisseur de la programmation. Le reste de l’affiche contenait soit des groupes vus et revus, soit des formations qui m’indifféraient. Fort heureusement, mon analyse initiale était erronée et ce Hellfest allait tout arracher.

hf15-01

Vendredi

NO RETURN avec le copain Mike jouant très tôt le vendredi, nous nous retrouvons au petit matin dans la file d’attente pour entrer sur le site. Pendant que nous attendons patiemment notre tour, nous profitons des rythmes psychédéliques de GLOWSUN qui joue sous la tente dite « TEMPLE ». De loin, ça a l‘air d’envoyer du gras.

Une fois passés sous les arches de la majestueuse cathédrale de la mort qui marque l’entrée des lieux, nous découvrons un site magnifique décoré par de nombreuses œuvres d’art monumentales évoquant vaguement le monde apocalyptique de MAD MAX ! (Avec moult rouille et pièces métalliques menaçantes). Cependant, 2 changements importants sautent immédiatement aux yeux. L’organisation a complété nivelé le terrain pour poser une magnifique pelouse sur l’ensemble du site. On a l’impression de se retrouver sur un immense terrain de football. Génial ! Bon, au bout de 3 jours, la pelouse fera un peu la gueule mais globalement c’est un vrai bonheur. Pouvoir s’allonger confortablement pour profiter des concerts : cela n’a pas de prix. Bonus non négligeable : avec cette herbe si verdoyante, les gens semblent hésiter à jeter leurs détritus par terre.

2e changement majeur : l’aménagement des 3 tentes baptisées ALTAR, TEMPLE et VALLEY. Ces tentes ont maintenant exactement la même taille et la même configuration révolutionnaire. En fait, les structures ressemblent à de grands demi-cylindres posés au sol. Cette architecture particulière permet de s’affranchir des piliers centraux qu’on retrouve habituellement sous ce genre de chapiteaux. Du coup, la visibilité reste impeccable quelle que soit la position occupée dans la salle. Cerise sur le gâteau : les organisateurs ont installé des écrans géants à l’entrée de chaque tente permettant aux festivaliers restés à l’extérieur de profiter du spectacle. Magnifique. Plus globalement, les écrans se sont multipliés sur tout le site. Alors qu’encore l’année dernière, il n’y avait qu’1 seul écran entre les 2 scènes principales. Maintenant, ce ne sont pas moins de 3 écrans qui encadrent les MAINSTAGES. Finalement, seule la scène WARZONE, dédiée au punk / hardcore reste nue et démunie de ces larges écrans.

C’est encore tout émerveillé par toutes ces nouveautés, que nous nous posons (Le Grand Timonier, le copain JD et ma tendre et douce) devant une des MAINSTAGES pour entamer notre gavage de Metal.

BREAKDUST

La fête commence avec la prestation de BREAKDUST. La responsabilité d’ouvrir un festival de la taille du Hellfest n’est sans doute pas simple à gérer pour un groupe de cette taille. Mais sans se poser de question, les Bordelais s’en sortent très bien avec leur Death / Thrash un brin désuet mais encore diablement efficace. Cependant, concentrés à l’excès, les musiciens ont du mal à se lâcher complétement. On sent bien que la scène reste vaste pour un combo sans doute plus habitué aux clubs enfumés. Tranquille en attendant la suite.

STICKY BOYS

On enchaîne juste à côté sur la 2e MAINSTAGE avec les Franciliens des STICKY BOYS. Là aussi, c’est un sacré challenge pour une formation de ce calibre. Le trio francilien mets le paquet et s’en sort avec les honneurs. Au contraire de BREAKDUST, les STICKY BOYS semblent très décontractés, trop heureux de l’honneur qui leur est fait. Avec son humour décalé, le leader se met le public dans la poche. Dans un registre hard rock un poil bluesy, le groupe obtient un succès bien mérité. Il tire sa révérence sur une reprise vitaminée des Beach Boys !

NO RETURN

Mike (ex-DESTINITY) a rejoint depuis peu NO RETURN offrant un second souffle bienvenu au combo parisien. Le chanteur a manifestement fortement influencé le groupe qui lorgne maintenant vers un Death mélodique ultra efficace. Pour notre plus grand dépit, la prestation de NO RETURN est saccagée par un son atroce. A tel point qu’il est bien difficile de reconnaitre les hymnes des Franciliens. Dommage, car sur scène, les musiciens ont l’air ravi d’être là, notamment Mike qui ne boude pas son plaisir. A revoir dans de meilleures conditions techniques.

VULCAIN

Toujours devant les MAINSTAGES, on enchaîne avec le 4e groupe français à l’affiche en cette matinée du vendredi : les vétérans de VULCAIN. Le show s’ouvre sur un « Rock n’ Roll secours » efficace mais quand même bien daté. J’avoue que j’ai du mal à accrocher à ce type de heavy minimaliste chanté en français. La formation joue sur une nostalgie que je ne partage pas. Manifestement, il y a des fans (n’est-ce pas le Grand Timonier ?) mais je reste de marbre devant ce concert. Clairement pas ma génération. VULCAIN finit par sa reprise traditionnelle de la « Digue du cul », accompagné par tout le public. Poétique et fleuri !

SYLOSIS

SYLOSIS fait partie de mes dernières découvertes enthousiasmantes avec notamment leur excellent dernier album : « Dormant Heart ». Mené de main de maitre par le petit prodige Josh Templeton, le Metal extrême et mélodique (teinté de Thrash) des Anglais est vraiment irrésistible. Visuellement, l’ensemble des musiciens est affublé de tous les oripeaux du groupe extrême dit « tendance » : barbe soignée de hypster, tatouages bien colorés, petit tee-shirt un poil vintage à l’image de PINK FLOYD pour faire bonne figure, …. toute la panoplie ! Même si on aurait tendance à sourire en les regardant, techniquement, on évolue à des niveaux assez élevés ! SYLOSIS se concentre sur son dernier opus pour en extraire tous les singles : « Leech », « Dormant Heart », « Mercy »… Depuis le passage de NO RETURN, le son s’est bien équilibré et nous permet de profiter du spectacle. Cependant, le groupe ne se lâche pas complètement et se cantonne à un style très académique : il y a peu de folie sur scène ! Pas sûr que les Anglais soient, eux-aussi, habitués à jouer sur une telle scène. Excellent concert de début de festival.

TRUCKFIGHTERS

Après le passage de SYLOSIS et avant MELECHESCH, on bénéficie d’un creux dans le programme. On choisit de se diriger vers la VALLEY pour assister au concert des TRUCKFIGHTERS. Je ne connais le trio suédois que de réputation, c’est l’occasion de les découvrir sur scène. Devant un back drop bien jaune flashy, les musiciens se lancent avec une énergie folle dans une démonstration ébouriffante de stoner gavé de groove. Voilà un groupe qui est heureux d’être là, ce qui fait plaisir. Sous la tente, les gens présents se laissent emporter par la tornade. Venu en curieux, je repars conquis par cette prestation. A découvrir sur disque.

MELECHESCH

Il était temps ! Ça faisait 6 ans que je n’avais pas croisé la route des Hollandais ! Et c’était déjà pour une prestation au Hellfest. Depuis, la bande d’Ashmedi, l’imposant leader, a enregistré ce qui est probablement un des albums de l’année : le monstrueux « Enki ». Le concert de ce jour va forcément contenir de nombreux extrait de ce nouveau disque. Sous la TEMPLE, les musiciens arrivent sur scène le visage dissimulé par des turbans. Effet inquiétant mais réussi qui habille de mystère la prestation du gang. Malheureusement, le son va mettre un moment à se caler. La musique de MELECHESH étant rudement complexe, le début du concert s’apparente plus à une bouillie sonore qu’à autre chose. Au bout de quelques minutes, les choses finissent par s’arranger. Toujours avec son Black Thrash aux forts relents orientaux, MELECHESCH a encore repoussé les limites de son talent.

HIGH ON FIRE

C’est l’heure de la pause : je perds mes comparses qui partent déambuler chacun dans leur coin. J’en profite pour retourner sous la VALLEY pour me planter devant HIGH ON FIRE. Le trio de sludge / stoner violent d’inspiration « Motörheadienne » envoie une set-liste ultra massive. Le groupe ne fait clairement pas de quartier ! C’est fort, puissant et ça décrasse les conduits auditifs. Cependant, HIGH ON FIRE gagnerait à interagir un peu avec son public. Car, là, j’ai vraiment l’impression de me prendre un parpaing dans la figure, le tout sans pause. Eprouvant !

MOTÖRHEAD

Les dernières nouvelles en provenance de Lemmy n’étaient guère rassurantes. Depuis plusieurs mois, le mythique leader de MOTÖRHEAD se débat avec des ennuis de santés. Le Parrain du Metal pourra-t-il assurer son show ? Réponse : oui mais que cela fut dur! Lemmy apparait extrêmement amaigri et fatigué. Le bassiste tremble de tous ses membres. Comme les écrans ne manquent rien, tout le public peut se rendre compte des mouvements incertains et de la démarche affaiblie de Lemmy. Musicalement, les morceaux sont joués sur un tempo plus lent … Phil Campbell et Mikkey Dee essaient d’économiser leur leader en proposant des solos interminables. Mais malheureusement, ça ne prend pas. Le malaise est palpable. Caché derrière ses imposantes lunettes noires, Lemmy sert les dents … J’accueille presque avec soulagement la fin de ce concert. Triste d’assister en direct à la mort d’un dinosaure du Rock n’Roll.

LAMB OF GOD

LAMB OF GOD a eu la très bonne idée de d’échanger son créneau horaire avec les FIVE FINGER DEATH PUNCH, histoire de ne pas empiéter avec le concert de MASTODON. Parfait : je vais pouvoir assister aux 2 concerts. Devant la MAINSTAGE, le public est innombrable pour assister à la démonstration dantesque de la troupe de Randy Blyth. Le chanteur semble littéralement monté sur ressort tellement il donne de son énergie. Le concert tourne à l’orgie auditive. LAMB OF GOD s’appuie sur tous ses tubes de Metalcore : « Walk with me in Hell », « Redneck » (quel circle pit sur ce morceau !) « Hourglass » … N’en jetez plus ! Sur scène, les Américains ont peu d’équivalent : une véritable machine de guerre !

MASTODON

Tout de suite après LAMB OF GOD, on court vers la VALLEY pour un des concerts de l’année : MASTODON. Sur disque, les Américains collectionnent les chefs d’œuvres (notamment leur petit dernier « Once More ‘Round the Sun ») par contre, sur scène, à chaque fois que j’ai eu la chance de leur voir, leurs prestations ont tourné au désastre à cause d’un son systématiquement atroce. Heureusement, les choses ont changé dans le bon sens. Sans doute un peu à l’étroit sous la VALLEY, le groupe va dérouler une set-liste aux petits oignons s’appuyant sur leurs derniers disques très mélodiques. Sous la tente, c’est l’hallali : les fans sont déchainés ! Grand groupe + son excellent + ambiance de feu = concert fantastique !

JUDAS PRIEST

On retourne se planter devant la MAINSTAGE pour assister au retour de JUDAS PRIEST en terres clissonaises. A l’instar de MOTÖRHEAD, nous sommes un peu craintifs. Rob Halford n’est plus tout jeune lui aussi et nous craignons pour le concert. Honte sur nous d’avoir douté du Metal God ! Car JUDAS PRIEST va se transcender pour délivrer un excellent concert de Heavy Metal : la plupart des classiques est de sortie. Et Rob se révèle divin (même sur l’exigeant vocalement « Painkiller » s’autorisant même quelques growls bien sentis). De son côté, Richie Faulkner, le nouveau guitariste (qui a remplacé le légendaire KK Downing il y a peu) semble faire partie du groupe depuis des années. A tel point qu’il vole la vedette au vétéran Glenn Tipton. Plus de doute possible, JUDAS PRIEST is back !

SLIPKNOT

Après leur accueil dramatique lors du FuryFest 2005, c’est presque un miracle de voir SLIPKNOT au Hellfest. A l’époque, le groupe s’était littéralement fait jeter par le public en essuyant une véritable bronca. Ce triste épisode semble bien loin. En effet, peu rancunière, la tête d’affiche du vendredi va nous proposer un énorme show à l’américaine bourré d’effets spectaculaires. Le surnom d’Hydre à 9 têtes n’est pas galvaudé, tant il se passe plein de choses sur scène. Une véritable démonstration d’Entertainment. Même si je préfère le registre de STONESOUR (son autre groupe), Corey Taylor au chant fait preuve d’un charisme et d’une attitude humble tout à son honneur. Oui, n’ayons pas peur des mots : sur scène, SLIPKNOT déchire absolument tout.

Après cette magnifique journée du vendredi, il est temps d’aller nous reposer un peu. A demain.

hf15-02

Samedi

THE ANSWER

On arrive en tout début d’après-midi pour assister à la prestation des Irlandais de THE ANSWER. Malgré l’heure, les musiciens donnent tout ce qu’ils ont comme si leur vie en dépendait. Le chanteur, le grand rouquin, Cormac Nesson attire tous les regards avec ses grands mouvements démonstratifs et sa classe naturelle. THE ANSWER enchaine ses brulots hard – rock avec un plaisir évident. Cormac va même se mêler aux premiers rangs de la foule dans un élan communicatif. Même si je ne suis pas fan, il faut reconnaitre que le groupe inspire le respect et arrive à partager sa passion.

GHOST BRIGADE

Comme je l’évoquais en introduction, j’étais impatient de revoir les Finlandais de GHOST BRIGADE. Malheureusement, comme pour SYLOSIS la veille, les musiciens semblent perdus sur la grande scène en plein après-midi. Clairement, leur place était sous une tente. Malgré une set-liste très solide et des chansons terrifiantes (quelle version du « Into the Black Light » !!) la sauce ne prend pas. Peu nombreux, le public ne semble pas intéressé et comme Manne Ikonen, chanteur, est loin d’être charismatique, le concert ne provoque que peu d’émotions. Déception.

ACE FREHLEY

On reste sur les lieux en s’allongeant dans l’herbe verte. On assiste donc en touriste, à la prestation du guitariste original de KISS, ACE FREHLEY. Le gars ne se prive d’ailleurs pas de jouer quelques grands classiques du gang maquillé. De loin, ça le fait pas mal ! Même si les musiciens qui accompagnent la star semblent bien fatigués, ACE FREHLEY tient la route en jouant sur un côté un peu désuet amusant : lunettes miroirs, fumigènes dans la guitare, solos interminables, poses de rock-star … Agréable pour passer un moment à se reposer.

BACKYARD BABIES

Après un hiatus de 5 ans, voici le retour de nos gentils tatoués. BACKYARD BABIES nous propose un florilège de chansons dans une veine hard rock sucré tendance faux dur. C’est toujours aussi bien fait. Dregen, le fantasque guitariste en fait toujours des tonnes, ne restant quasiment pas en place. J’avoue que malgré leurs efforts, je ne vais pas daigner me lever et je reste donc allongé dans l’herbe. Pas la prestation du siècle. J’avais nettement préféré leur concert au Ninkasi Kao il y a quelques années.

AIRBOURNE

Quelques jours après le concert d’AC/DC, il est amusant de croiser sur scène ceux qu’on présente comme étant leurs successeurs, les Australiens de AIRBOURNE. En effet, il faut bien reconnaitre que musicalement, on est dans la veine. Et chose incroyable, il y a un monde fou autour de la MAINSTAGE. Je n’avais pas bien mesuré la popularité d’AIRBOURNE en France. Car clairement, à la vue de cette foule, ils sont attendus comme des stars. Joel O’Keeffe le chanteur / guitariste est déchainé : enchainant les sauts de cabri, jouant sans arrêt avec le public … il y a quelque chose de très rafraichissant dans ce concert : sans doute ce côté sincère bien dans l’esprit Rock n’roll qui fait plaisir. Ainsi, malgré 2 coupures d’électricité, AIRBOURNE ne se démonte pas et continue d’assurer le show. Bluffant.

TERROR

Il est temps d’aller faire un tour du côté de la WARZONE pour la prestation de TERROR. A mon regret, une fois sur place, j’apprends que juste avant la tournée européenne, le colossal hurleur du groupe s’est blessé au dos. Il n’a pas pu faire le voyage. Glups ! C’est donc le bassiste qui tient le micro pour ce concert. Dans le même temps, il a laissé sa basse à un guitariste. Si vous avez bien suivi, TERROR se présente donc avec un seul guitariste ce qui enlève encore un peu impact. Malgré les efforts du « nouveau » frontman, j’ai l’impression de ne pas assister à un vrai concert de TERROR. D’ailleurs, le show est raccourci. Je reste sur ma faim. J’avais espéré prendre une bonne baffe de Hardcore nerveux : c’est bel et bien raté pour cette fois.

SLASH

Je reviens un peu dépité devant les MAINSTAGES pour la prestation de SLASH et de Myles Kennedy, le chanteur d’ALTER BRIDGE qui joue avec le guitariste au haut de forme. Parfait équilibre entre les compositions personnelles de SLASH et les tubes de GUNS N’ROSES, le concert est très festif. C’est sûr que pouvoir s’appuyer sur des tubes aussi populaires tels que « You could be mine » « Paradise City », « Nightrain » facilite quand même bien les choses. Encore une fois, on peut faire le constat que Myles Kennedy est bien le chanteur qu’il fallait à SLASH. D’une classe folle et d’une aisance incroyable, le gars transcende l’évènement.

BODY COUNT

Hasard du programme, ICE T et son groupe de metal se retrouve à jouer sur la petite scène de la WARZONE. Etrange ! Vu la notoriété de BODYCOUNT et sa rareté en concert, on imaginait plutôt les retrouver sur une MAINSTAGE. Les voies des organisateurs sont parfois impénétrables. Du coup, dans ces conditions, cet évènement va se révéler être un très gros couac. Il faut savoir que la WARZONE est une scène un peu particulière au Hellfest : isolée et un poil difficile d’accès, elle ressemble à une impasse. Or, avec la renommée de BODY COUNT, le public se presse en masse à cet endroit. Et les lieux ne sont clairement pas adaptés à une telle affluence. Après avoir lutté de longues minutes pour se faire une place, cela finit par devenir irrespirable (voire dangereux). La mort dans l’âme, mes compagnons et moi finissons par rebrousser chemin sous la pression. Dommage ICE T avait l’air en forme … de loin.

ORANGE GOBLIN

Un poil déçu, on file sous la VALLEY pour se préparer à l’arrivée d’ORANGE GOBLIN. Après de nombreuses années de galère, les Brittons semblent enfin recueillir des fruits de leur travail acharné. Les 2 derniers albums sont très réussis (« Eulogy for the Damned » et « Back from the Abyss »). Après une terrible date il y a 2 ans à l’AMPERAGE de Grenoble, je suis impatient de revoir les Anglais. Mais, le son va encore une fois nous jouer des tours. Cette fois ci, c’est la guitare de Joe Hoare qui est inaudible ! De l’endroit où nous nous trouvons, les chansons sonnent massacrées. Ben Ward, l’énorme chanteur ne ménage pourtant pas ses efforts, mais cela ne prend pas. ORANGE GOBLIN propose une set-liste bien étrange où leur meilleur disque « Eulogy for the Damned » est quasiment ignoré. Curieux choix. Après une prestation que j’avais loupée il y a 3 ans ici tellement il y avait de monde, il semblerait bien que je sois maudit avec les concerts d’ORANGE GOBLIN au Hellfest.

Après cette prestation décevante des Anglais, on fait le choix de rentrer se reposer pour assurer la dernière journée. Grave erreur car nous manquerons ce qui sera le point d’orgue de cette édition du Hellfest : le très spectaculaire feu d’artifice du samedi soir.

hf15-03

Dimanche

EXODUS

10 ans après son départ, le chanteur Steve Souza est de retour aux affaires. Son arrivée clôt le chapitre Rob Dukes dont le style très hardcore ne collait pas avec EXODUS (à mon humble avis). Steve veut démontrer qu’il n’a rien perdu et met beaucoup d’énergie et de conviction dans ce concert. A noter que le guitariste emblématique, Gary Holt n’est toujours pas revenu de son intérim (définitif ?) chez SLAYER (pas sûr qu’il rentre un jour). En tout cas, dans cette nouvelle configuration, EXODUS délivre une nouvelle belle performance, dans la lignée de son concert de Grenoble en première partie de TESTAMENT le mois dernier.

EYEHATEGOD

Pour cette dernière ligne droite de concerts, on retourne sous la VALLEY pour la prestation d’EYEHATEGOD. De retour sur le devant de la scène depuis quelques années, après de gros ennuis judiciaires notamment, les Louisianais nous ont sorti leur premier disque depuis 14 ans (tout de même). Toujours dans ce style de Sludge bien crasseux, typique de la Nouvelle Orleans, Mike Williams et sa troupe (dans laquelle on reconnait Jimmy Bower le batteur de DOWN à la guitare) retourne le public agglutiné devant la scène. Il y a un côté malsain et presque imprévisible dans ce concert. Le regard complément allumé du chanteur m’inquiète : va-t-il péter un câble ? Non heureusement! Une prestation en tout cas très intense.

LIFE OF AGONY

On reste sous la VALLEY en attendant le passage de LIFE OF AGONY. Je suis un peu inquiet avant le concert des Américains. En effet, Keith Caputo, le chanteur très tourmenté et timide des mythiques New yorkais est devenu Mina Caputo, une femme. Même si cela ne regarde que lui, je crains que cela ait un impact sur la prestation de LIFE OF AGONY. Par exemple, comment va-t-elle être accueillie par la horde des métalleux graisseux ?

Pour tout dire, la transformation de Mina a eu un sacré impact sur LIFE OF AGNONY mais dans le bon sens ! Alors qu’auparavant, Keith se cachait presque derrière son micro, Mina est une véritable furie ! Après un début un peu hésitant, la chanteuse aperçoit un fan qui brandit une immense pancarte dans les premiers rangs « 22 ans que j’attends ce moment : Merci LOA ». Ce message va littéralement galvaniser la chanteuse : elle se jette dans la foule pour chanter un mythique « Lost At 22 ». Libérée, on sent la minette très à l’aise.

Jouant de son charme et son énergie, Mina transforme ce concert en véritable célébration du groove et du hardcore. Il faut dire que derrière elle, les 3 musiciens assurent un travail de titan. Une énorme prestation dans une ambiance survoltée: LE concert du Hellfest tout simplement. Inattendu et jouissif.

EPICA

Après cette tornade, on retourne devant la MAINSTAGE pour assister au concert de LIMP BIZKIT. Un peu par hasard, on se retrouve à assister à la fin du concert d’EPICA. Très pompeux, les Hollandais font jouer d’imposants lance-flammes. La belle Simone fait toujours tournoyer sa chevelure rousse dans tous les sens. Mais bon, on n’a pas vraiment le temps de renter dans cette prestation. Autour de nous, les gens semblent réceptifs. Le Metal à « Female vocals » lyriques n‘est clairement pas notre truc donc on ne fait pas d’effort particulier.

LIMP BIZKIT

C’est la première fois que les Américains sont programmés au Hellfest. Pourtant avec ses 23 millions d’albums écoulés, LIMP BIZKIT fait office de quasi tête d’affiche en ce dimanche soir. Bizarrement, le groupe se traîne une réputation peu flatteuse parmi les métalleux. Il est vrai que depuis la sortie du « Chocolate Starfish » en 2000, le biscuit mou ne fait guère d’effort et continue de capitaliser sur ce disque référentiel du Nu-Metal. Et ce soir, ça va être encore le cas ! Ce ne sont pas moins de 7 extraits de ce disque qui seront joués. LIMP BIZKIT complète sa set-liste par une reprise du « Killing in the name » de RAGE AGAINST THE MACHINE et une multitude de riffs de METALLICA. Etrange sentiment qu’un groupe de cette envergure ne propose rien de plus !

Le groupe s’est tout de même bien embourgeoisé : vêtu tout en blanc, le chanteur Fred Durst se la joue à l’économie. Les hymnes issus de « Chocolate Starfish » sonnent d’une manière moins tranchante qu’à l’époque. Je ne retrouve pas la furie qui caractérisait ce groupe au début du siècle. Au global, ce concert me laisse un sentiment mitigé : heureux de retrouver un groupe rare en Europe, mais pondéré par un légère malaise de « je m’en foutisme ».

Heureusement, la prestation de LIMP BIZKIT se conclut par une des images fortes de ce Hellfest : Un Fred Dust exécutant quelques pas de danse sur un « Staying Alive » repris par une foule en délire. Ça, c’était terrible !

IN FLAMES

Le dernier concert d’IN FLAMES à la Coopé de Mai à l’automne m’avait laissé un gout amer dans la bouche. Les Suédois ont fait le choix d’adoucir de plus en plus leur propos, en tournant de facto le dos à leur Death metal mélodique si puissant. Clairement, ils veulent s’orienter vers un style plus pop, moins agressif et surtout beaucoup moins percutant. Ce soir, IN FLAMES doit clairement se rattraper à mes yeux : soit confirmer cette nouvelle orientation musicale, soit remettre les pendules à l’heure.

Et pour mon grand bonheur, les Suédois vont durcir le ton en proposant une set-liste parfaitement adaptée à un festival de Metal. Ainsi, ils font quasi une croix sur leurs 2 derniers albums quelque peu poussifs pour jouer les morceaux référentiels qui ont fait la gloire d’IN FLAMES. Le concert est joué à 100 à l’heure, avec des musiciens ultra motivés et quasi possédés. Je ne peux cacher mon bonheur de retrouver le grand IN FLAMES, celui qui déclenche circle pit sur circle pit, celui qui déboite, celui qui fait plaisir ! Mon bonheur est à son comble quand je constate le retour dans la set-liste du terrible « My sweet shadow », morceau qu’ils ne jouaient plus depuis trop longtemps. Exécuté avec un fort appui pyrotechnique, cet instant est probablement un des plus forts offerts par le Hellfest cette année. Heureux de vous voir de retour les mecs !

KORN

C’est encore tout groggy de la performance d’IN FLAMES que nous choisissons de rester devant la MAINSTAGE pour le concert de KORN. Ce soir, il s’agit de célébrer les 20 ans de la sortie du premier album, l’éponyme KORN. Du coup, le groupe nous joue l’intégralité du disque dans l’ordre. Si le début est juste dantesque avec ce « Blind » d’anthologie, le reste se révèle bien plus dispensable. A mon avis, commémorer ce premier opus est une fausse bonne idée. En effet, jouer l’intégralité du disque se fait au détriment de tous les tubes de KORN (et il y en a un paquet). Quel comble de se retrouver en fin de festival à bailler fermement en attendant que les choses s’accélèrent. D’ailleurs, en rappel, on aura droit à « Falling away from me » et « Freak on a leach », les seuls morceaux non présents sur le 1e album. Vu l’enthousiasme délirant que provoque ces 2 morceaux dans l’assistance, on en vient à regretter une vraie set-liste « best off ». Dommage.

C’est sur ce concert mitigé que s’achève cette nouvelle édition du Hellfest. Malgré mes réticences initiales, ce Hellfest X s’est révélé être un très grand cru. Merci à Ben Barbaud et à toute son équipe pour nous concocter ce genre de moments.

Et Merci aussi à tous les amis croisés en terres clissonaises. En espérant vous revoir l’année prochaine.

Tops
1. LIFE OF AGONY
2. IN FLAMES
3. MASTODON

Flops
1. MOTÖRHEAD
2. ORANGE GOBLIN
3. KORN

Cette entrée a été publiée dans compte rendu de concerts, avec comme mot(s)-clef(s) . Vous pouvez la mettre en favoris avec ce permalien.