WHITESNAKE, 19 Juillet 2016, Olympia, Paris par Raph

Les longues vacances d’été ont du bon : en plus de s’arrêter de s’éreinter pour le Grand Capital, il est enfin possible de se détendre, de jouer au touriste et d’aller revoir de vieux amis. Et c’est exactement ce qui se passe pour moi au cœur de ce chaud mois de Juillet. De passage sur Paris, je profite de l’aubaine pour aller voir une vieille connaissance : David COVERDALE et WHITESNAKE.

WHITESNAKE_flyer

Après toutes ses années de carrière, le temps est arrivé pour la formation mythique d’annoncer sa retraite. Ça sera pour 2017 : jusqu’à cette échéance, les occasions vont se faire de plus en plus rares pour croiser le serpent blanc en action sur scène. Il faut dire que les plus glorieuses années de David COVERDALE sont derrière lui. Le poids de l’âge commence à se faire sentir. En 2013, nous avions croisé la formation sur une des scènes principales du HELLFEST. Malgré la sortie d’un nouvel album, l’agréable « Good to Be Bad », WHITESNAKE avait clairement montré des signes de faiblesse ce jour-là. Le constat est implacable : l’emblématique chanteur a pas mal perdu de sa puissance vocale et sa maitrise des aigües est devenue incertaine. Heureusement, le groupe peut continuer à s’appuyer sur un riche répertoire truffé de tubes irrésistibles. Cependant, après WHITESNAKE, ce fut au tour de TWISTED SISTER de se présenter sur la main stage du HELLFEST. Ces autres vétérans avaient littéralement tout emporté, démontrant qu’il est possible de faire fi du temps qui passe. La comparaison n’était pas flatteuse pour David COVERDALE.

En 2015, WHITESNAKE a sorti un album de reprises intéressantes « The Purple Album ». Ce disque a été l’occasion de se pencher sur le passage de David COVERDALE dans le grand DEEP PURPLE des années 70. Les interprétations modernisées de ces classiques avaient le mérite de susciter la curiosité. Cependant, WHITESNAKE n’avait pas jugé bon de promouvoir cet effort en nous rendant visite.

olympia - whitensake

3 ans après ce passage au HELLFEST, qui fut le dernier passage de WHITESNAKE en France, il est temps de retourner voir le groupe pour une prestation que j’espère intéressante. En amont de cette tournée d’été, le groupe a annoncé qu’il allait proposer une set-liste « Best Of ». Pour l’occasion, le serpent blanc a choisi de faire étape dans la clinquante salle parisienne de l’OLYMPIA. Les offres promotionnelles qui ont fleuri sur le Net avant le concert m’ont mis la puce à l’oreille : le concert ne va pas afficher complet. Quand je me cale dans la fosse vers 19h30, il semble évident que les fans se sont peu mobilisés. Heureusement, les choses vont peu à peu rentrer dans l’ordre et quand WHITESNAKE va monter sur scène, l’assistance sera satisfaisante, sans atteindre des sommets. Dans ce public, je vais apercevoir Patrick RONDAT et son improbable coiffure. Attentif, le talentueux guitariste ne va pas louper une miette du spectacle.

THE ANSWER

Ce sont les Irlandais de THE ANSWER qui sont chargés de jouer les « Openers ». A 20h tout pile poil, Cormac Neeson et ses musiciens investissent les planches de l’OLYMPIA. Toute la scène est décorée aux couleurs de WHITESNAKE avec notamment un imposant back-drop. Entre les énormes amplis et le kit de batterie, il reste peu de place pour que THE ANSWER puisse s’exprimer. Le jeu de lumière est lui aussi assez limité. Heureusement, le son est correct et nous permet d’apprécier le Hard Rock aux forts relents seventies des Irlandais.

Malgré les conditions un brin difficiles, les artistes sont tout sourire et font preuve d’un bel entrain. Toujours coiffé de son beau chapeau noir, Cormac Neeson chante particulièrement juste et semble tout heureux d’être là. La Classe ! Cependant, le public adopte une attitude polie et peu démonstrative. THE ANSWER dispose de 30 minutes tout justes pour faire ses preuves.

the answer

En discutant avec un fan de THE ANSWER après le concert, j’apprendrais que les Irlandais ont choisi de célébrer les 10 ans de leur 1e album « Rise ». Du coup, la set-liste contient 5 extraits de ce disque. Manifestement, depuis 2006, la musique du groupe s’est bien enrichie. Les fans semblent déboussolés par ce choix de set-liste un peu bancale. Avec un temps de jeu aussi court, on était en droit d’espérer une série de titres plus consensuels et efficaces.

Du coup, l’assistance ne rentre pas vraiment dans le concert proposé par THE ANSWER. Ainsi, malgré la passion affichée, cette première partie est un véritable coup d’épée dans l’eau. Dommage, j’espérais mieux.
A la fin de la prestation de THE ANSWER, les lumières se rallument et, une voix retentit dans la sono : « L’Olympia est heureux de vous offrir cet entracte de 30 minutes ». Drôle ! On a l’impression d’être au théâtre. Je ne « profite » pas de la pause et patiente tranquillement dans la fosse.

WHITESNAKE

A 21h tout juste, le show commence (Incroyable ces timings respectés à la seconde près). Les musiciens débarquent d’abord, suivi de peu, par le légendaire David COVERDALE. Tout sourire, arborant un bronzage étudié, muni d’une chemise ouverte sur un torse épilé, la crinière bien coiffée, le chanteur arbore une certaine classe, c’est indéniable. Dans la fosse, les fans hurlent de bonheur. David COVERDALE court sur le devant de la scène, prend son pied de micro et le plie en 2 (!!) genre « Je vais tout casser :! ». Pas de doute, physiquement, le chanteur est en forme ! Mais qu’en est-il de sa voix ?

Le début du concert est juste dantesque avec une succession de tubes monstrueux : « Bad Boys », « Slide It In », « The Deeper the Love » … bref c’est du délire ! Bon par contre, malgré sa fougue, le chanteur montre rapidement ses limites vocales. Sur les refrains, les musiciens doublent systématiquement histoire de compenser. Mais, l’astuce est vraiment visible. Dès que David COVERDALE doit pousser, il éloigne volontairement le micro de sa bouche, du coup on n’entend rien. Ah si !!! Les chœurs poussés à fond. Franchement, c’est limite ! Ceci dit, WHITESNAKE a le mérite de ne pas se cacher (en passant des bandes par exemple). Mais, le résultat est un peu triste.

Au bout de 5 titres, David COVERDALE prend enfin la parole pour s’adresser à ses fidèles : il est heureux d’être là, à Paris pour ce nouveau concert. Un fan affuté profite de la pause pour lui offrir une Boule à neige avec la tour Eiffel dedans. Le leader de WHITESNAKE est un peu surpris par ce présent. Mais l’accepte avec un grand sourire carnassier. Le temps d’évoquer encore une fois Paris la ville lumière, et voici que retentit le « Ain’t No Love in the Heart of the City » suivi d’un surprenant « Judgment Day » issu du sous-estimé « Slip of the Tongue ». Belle surprise !

coverdale

Je répète mais ce début de show est tonitruant. Mes craintes initiales sur la forme de David COVERDALE se sont dissipées. Pour ne rien gâcher, les musiciens qui accompagnent la star sont clairement talentueux. Même si Doug ALDRICH a récemment quitté le groupe, il reste des tueurs. Notamment, son remplaçant Joel HOEKSTRA qui affiche un sourire typiquement américain tout le long du show. De l’autre côté de la scène, Rob BLEACH tricote tranquillement sur sa guitare comme si tout était facile.

Malheureusement, tout était trop beau. Car, le concert se termine au moment où résonnent les dernières notes de « Judgment Day ». Le moment est venu de se prendre les solos. WHITESNAKE comprend 5 instrumentistes : 1 bassiste, 1 clavier, 1 batteur et 2 guitaristes. Chacun de ces musiciens va avoir droit à 5 minutes de solos ! Donc, si vous comptez avec moi, ça fait une demi-heure de perdue à supporter ces démonstrations techniques. Autant vous dire que l’enthousiasme du début de concert retombe bien vite. Je salue néanmoins les efforts de chacun pour rendre l’exercice le moins pénible possible pour tout le monde. Mention spéciale au bassiste, qui enregistre un de ses schémas pour jouer dessus. L’effet est bien réussi et permet de meubler.

Cependant, l’exercice est interminable. Pendant tout ce temps David COVERDALE disparait en back-stage. Car, il ne faut pas se leurrer, le but de ses arabesques est bien d’économiser la voix de Papy. Entre chaque solo, on a quand même droit à un morceau. Mais, honnêtement, j’ai décroché.

Après 5 minutes de pause, le rappel sera du même acabit un pauvre « Still of The Night » : certes réussi mais manquant de puissance. 1h15 de concert donc 5 minutes de rappel et 30 minutes de solos. En conclusion, le concert n’aura vraiment duré que 40 minutes pour moi ! C’est quand même peu pour une légende du calibre de WHITESNAKE. Finalement, la retraite pour 2017 n’était sans doute pas une si mauvaise idée que ça. David COVERDALE est au bout du rouleau et il est temps de s’arrêter là.

5 jours après vu TWISTED SISTER (tiens, tiens comme en 2013, je suis obligé de faire la comparaison), le constat est encore plus cruel. Là où les Américains nous ont donné une leçon, WHITESNAKE a trainé sa peine.

Triste !

Set-liste WHITESNAKE – Mardi 19 Juillet 2016
01. Bad Boys
02. Slide It In
03. Love Ain’t No Stranger
04. The Deeper the Love
05. Fool for Your Loving
06. Ain’t No Love in the Heart of the City
07. Judgement Day
08. Slow & Easy
09. Crying in the Rain
10. Is This Love
11. Give Me All Your Love
12. Here I Go Again
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13. Still of the Night

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