IRON MAIDEN, mercredi 05 juin 2013, POPB, Paris

Par Raph

Dans mon panthéon musical, la marche la plus élevée est occupé par un des monstres du Heavy Metal, les légendaires IRON MAIDEN … sans conteste.

En effet, comme beaucoup de jeunes novices, mon adolescence boutonneuse a été marquée au fer rouge par la découverte du fabuleux « Seventh son of a Seventh son », album paru en 1988. Avec ce disque, IRON MAIDEN propose sa pièce la plus « progressive » de sa déjà longue discographie. Le groupe a littéralement cartonné avec ce monumental concept-album et avec une tournée promotionnelle gigantesque sillonnant le monde entier. Nous ne le savions pas à l’époque, mais « Seventh son of a Seventh son » sonnera le glas de l’âge d’or du groupe.

Depuis 1980, IRON MAIDEN a enchainé les chefs d’œuvres (sans baisse de régime) proposant une série d’enregistrements qui est aujourd’hui entrée dans l’histoire. Malheureusement les albums post 1988 n’atteindront jamais l’aura de ces premiers enregistrements, et les années 90 seront même une décennie noire avec le départ de Adrian Smith, guitariste chevronné, et surtout de Bruce Dickinson, le charismatique chanteur de la Vierge de Fer.

Heureusement, au début des années 2000, les choses sont rentrées dans l’ordre. Après presque 10 ans d’aventures solo, les 2 musiciens fugueurs sont de retour au bercail, et le groupe a retrouvé sa gloire d’antan. Et depuis quelques années, comme une volonté de replonger dans son âge d’or, IRON MAIDEN s’est lancé le défi de rejouer les tournées des années 80 avec set-liste et décorum adéquats. Inutile de dire que ces concerts sont vécus comme de véritables événements par les fans les plus fervents. Cette année, c’est au tour de la tournée de 1988 consacrée au fameux « Seventh Son of a Seventh Son » d’être à l’honneur.

N’ayant pas vu IRON MAIDEN depuis plus de 10 ans et « Seventh Son of a Seventh Son » étant l’album qui m’a ouvert les portes du monde magique du Metal, le passage parisien du combo britannique est immanquable pour ma part. En effet, les Anglais ont pris la bonne habitude de programmer un Bercy sur toutes leurs tournées européennes.

En ce début d’après-midi du mercredi 5 juin de l’an de grâce 2013, c’est sous une chaleur écrasante que je grimpe dans mon TGV, direction Paris pour ce concert qui s’annonce historique. Après des semaines de pluie continue, le soleil brille enfin de mille feux: excellent présage.

Après 2 heures rapides occupées à somnoler dans le fleuron de la SNCF, il est temps de poser mes Vans en Gare de Lyon. Immédiatement, je suis frappé par le nombre de Tee-shirts noirs siglés MAIDEN dans le hall. Cela ne fait aucun doute, IRON MAIDEN est dans la place et les fans français se sont mobilisés pour rallier la capitale. Bercy étant situé tout prêt, je me dirige à pied vers la salle.

Plus je me rapproche, plus la densité de metalleux devient impressionnante. Le parvis de Bercy est littéralement envahi par les hordes de chevelus ! C’est l’occasion de croiser moultes camarades montés des 4 coins de la France, et pour certains pas vu depuis longtemps (Hail to Gandalf ! Eklipse ! Gerland ! Sonia ! Loïc ! Nounours ! Fury ! Mister Gig ! Cocal ! Laurent ! YvesZ ! Fully ! …) Même le grand Timonier, mon acolyte de Radio Canut a quitté sa Croix Rousse pour participer à la fête. Du coup, avec la température estivale, tous ces sourires donnent un sacré avant-gout du Hellfest, festival qui se tiendra dans quelques jours.

Vu la quantité de monde, l’entrée dans le Palais Omnisports prend pas mal de temps ! C’est vraiment la foule des grands soirs 🙂

VOODOO SIX

IRON MAIDEN n’a jamais brillé par la pertinence de ses premières parties. En fait, plusieurs options sont envisageables avec les Anglais: soit des premières parties complétement décalées (Remember MY DYING BRIDE), soit carrément des mega-pistonnages (On se souvient avec émotion (sic) il y a quelques années de la présence totalement anecdotique de LAUREN HARRIS, la fille de son papa leader de MAIDEN ou de la prestation de RISE TO REMAIN, la formation du fils Dickinson). Cette fois-ci, c’est l’option « groupe dont personne n’a jamais entendu parler » qui a été choisie.

En effet, l’honneur d’ouvrir pour IRON MAIDEN revient aux obscures anglais de VOODOO SIX. Totalement inconnu, le combo propose un hard rock classique un brin stoner, mais à l’encéphalogramme désespérément plat. 40 minutes sont allouées aux Britanniques, qui font de leur mieux … Le public écoute poliment, mais sans jamais vraiment réagir. En fait, les bâillements se succèdent dans l’indifférence générale.

Il est vrai que sur scène, il ne se passe pas grand chose. C’est gentillet, rien de plus. Tous les morceaux semblent identiques. Le leader du groupe ne manque pas de remercier IRON MAIDEN (tu m’étonnes) plusieurs fois. Après cette tournée, VOODOO SIX retournera bien vite dans l’anonymat duquel il n’aura jamais du sortir !

Groupe vu et oublié aussi vite. Strictement aucun intérêt, si ce n’est un back-drop belliqueux aux couleurs de leur dernier album, un brin décalé.

L’ennui qui me gagne en même temps que VOODOO SIX joue, me laisse tout le temps pour me rendre compte du remplissage incroyable de Bercy. C’est bien simple : la salle est pleine à craquer, les gens débordent de partout. Situé au milieu de la fosse, debout, je peux tourner la tête à droite et à gauche, pour me rendre compte que je suis littéralement encerclé par une horde de fans agglutinés en tribune, prêts à rugir. Cette impression de masse compacte est réellement bluffante.

IRON MAIDEN

Après l’apéritif VOODOO SIX, la pause est assez longue. les gens piaffent d’impatience, ce n’est certainement pas la prestation faiblarde de VOODOO SIX qui les a rassasié. Quand les enceintes du Palais Omnisports de Paris Bercy se mettent à cracher le « Doctor Doctor » de UFO, le public réagit enfin comme un seul homme et se met littéralement à rugir. En fait, le signal est connu par tous (sauf par moi) : à la fin de ce morceau, IRON MAIDEN doit commencer son concert tant attendu.

Et effectivement juste après la chanson de UFO, la longue intro de « Seventh Son of a Seventh Son » est diffusée. Inutile de dire que la pression est à son comble : les gens sont tous débout dans les gradins de Bercy ! Des images de banquises et de mer glacée défilent sur les 2 écrans encadrant la scène, nous plongeant dans l’ambiance de « Seventh son of a Seventh Son » ! Quand le concert démarre vraiment sur les premiers notes du tonitruant « Moonchild », l’assitance explose de bonheur …

Au moment où Bruce Dickinson se met à chanter, tous mes poils se mettent au garde à vous : j’ai la chair de poule et l’émotion est vive. Cependant, le chanteur d’IRON MAIDEN a clairement du mal à démarrer, avec une voix nettement en dessous, presque hurlée. Fort heureusement, après ce petit flottement, il va vite se reprendre. De toute façon, en bon fan de base, sur ces premières minutes, je pourrais presque tout accepter. Tellement le bonheur d’y être est intense.

La set-liste se poursuit avec « Can I play with Madness »: pas le meilleur morceau du groupe mais j’ai une tendresse toute particulière pour lui. En 1988, j’étais tombé de façon totalement fortuite sur ce clip qui m’avait fasciné. Il faut se souvenir qu’en ces temps immémoriaux, l’internet n’existait pas et avoir des informations sur un groupe comme d’IRON MAIDEN sur nos médias nationaux relevait du miracle.

Entre les morceaux, Bruce Dickinson fait l’effort de s’exprimer dans un français à peu près compréhensible, néanmoins ponctué de nombreux mots en anglais.

Le son est aussi assez médiocre, voire brouillon. Heureusement, cela va s’arranger le long du concert.

Après ces premiers 2 extraits du « Seventh Son of a Seventh Son », le groupe commence à parcourir les albums plus anciens, toujours en ne jouant que des tubes ! Un seul regret l’absence du classique « Hollowed by the Name » » qui manque à l’appel.

Sur la set liste, je retiens spécialement, le magnifique et rare « Phantom of the Opera », la version accélérée de « Wasted Years » issu du mésestimé « Somewhere in Time », et surtout le monumental morceau éponyme de « Seventh Son of a Seventh Son », pièce de presque 10 minutes, rallongée aujourd’hui et vraiment trippante. Je n’avais jamais osé rêver de vivre ce chef d’œuvre en Live.

Ce soir, seul 2 morceaux post-époque « Seventh Son of a Seventh Son » sont exécutés : l’ultra-classique « Fear of the Dark » dont le refrain est repris comme un seul homme par l’ensemble du public de Bercy. Bluffant (encore une fois j’ai la chair de poule) ! Et « Afraid to shoot stranger » plus nuancé et plus rare …

Comme à son habitude, IRON MAIDEN parsème son show de magnifiques effets spéciaux avec en vedette principale, le zombie Eddie ! On retrouve un Eddie mobile déguisé en général sudiste (un roadie monté sur échasses), une statue d’Eddie glacé tiré tout droit de la pochette du « Seventh Son of a Seventh Son » avec un fœtus qui bouge frénétiquement, une Gargouille grimaçante, un superbe Eddy en scribe … Ces effets sont un « plus » indéniable en terme de spectacle, mais le plus important reste la musique, envoutante et tubesque à souhait.

IRON MAIDEN fait fonctionner la machine à remonter le temps pour nous offrir un voyage à la fin des années 80 ! Les frissons de plaisir parcourent le public en transe du début à la fin de ce show incroyable de près de 2 heures. L’émotion est palpable autour de moi …

Malgré l’enthousiasme, il est possible de relever quelques réserves (presque anecdotiques) Par exemple, le groupe a vieilli c’est incontestable, leurs silhouettes se sont alourdies et Bruce Dickinson me semble un peu court. La sonorisation me parait aussi bien approximative (surtout au début). N’étant plus un assidu de Bercy, je ne sais pas si c’est habituel pour cette salle. Par contre, l’énergie déployée reste incroyable ! Tous les musiciens sautillent de partout ! Ce qui marque aussi, c’est la bonne humeur affichée : les sourires sont nombreux et sincères. Du coup, les pitreries se succèdent sur scène. Tout cela semble naturel, et ajoute un côté très sympathique à la prestation de la vierge de fer. D’ailleurs, pour l’anecdote, le batteur, Nicko Mc Brain, fête ses 61 ans ce soir. Le public est au courant : un « Happy Birthday » est spontanément entonné par tout Bercy.

Par contre, reste l’énigme Jannick Gers. Le 3e guitariste ne sert toujours à rien : acculé dans son coin, il fait la danseuse. D’ailleurs, vu les mouvements qu’il effectue avec son instrument, je me demande encore s’il est branché !

Au bout de 1h45, le traditionnel rappel passe comme un souffle ! Le speech historique de Churchill introduit un dantesque « Aces High » ! Pour l’occasion, Bruce Dickinson s’est affublé d’un casque de pilote de Spitfire. IRON MAIDEN enchaine avec un dernier extrait de « Seventh Son of a Seventh Son, « The Evil that men do ». Le show se clôture sur un « Running Free » classique mais grandiose !

Lorsque que la lumière illumine le public pour signifier la fin du show, on peut constater que les sourires sont nombreux parmi la foule. La nostalgie a fonctionné à plein. Des potes, des morceaux mythiques, des potes, des musiciens talentueux, des potes et une franche bonne humeur affichée par tous. … Que demandez de plus ?

De retour, le lendemain, dans les travées de la Gare de Lyon pour retourner dans ma belle vallée rhodanienne, je continue de croiser de nombreux fans, revêtus de leur tee-shirt noir à la gloire d’IRON MAIDEN. Tous affichent un air fatigué mais surtout un large sourire…

IRON MAIDEN trône toujours au sommet de la cathédrale Metal et cela risque de durer encore un moment.

La classe … tout simplement.

Set-liste IRON MAIDEN – 5 juin 2013
01. Moonchild
02. Can I Play with Madness
03. The Prisoner
04. 2 Minutes to Midnight
05. Afraid to Shoot Strangers
06. The Trooper
07. The Number of the Beast
08. Phantom of the Opera
09. Run to the Hills
10. Wasted Years
11. Seventh Son of a Seventh Son
12. The Clairvoyant
13. Fear of the Dark
14. Iron Maiden
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15. Aces High
16. The Evil That Men Do
17. Running Free

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Une réponse à IRON MAIDEN, mercredi 05 juin 2013, POPB, Paris

  1. JD dit :

    Ouah, t’as réussi à me mettre les poils au garde à vous comme tu dis, rien qu’en lisant ce compte rendu.
    Ça donne l’impression d’avoir rater un truc quand on y était pas. Pour moi ça fait 10 ans aussi (juin 2003) et j’aurais bien envie de les revoir.

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