NAPALM DEATH, mardi 15 avril 2014, CCO, Villeurbanne par Raph

Deux mois après le passage de la tournée intelligemment nommée « Brutale Coalition » sur Lyon, il est enfin temps de retourner s’aérer dans une salle de concert. Deux mois sans Live, ça commence à faire long.

Et une nouvelle fois, c’est l’association DREAM FACTORY qui régale en proposant un nouveau plateau de choix au CCO de Villeurbanne ! Jugez plutôt : en entrée, les locaux de DEATH AWAITS, avec leur tambouille à base de Death Gruikcore matinée de Thrash, en trou normand les virulents Israéliens de HAMMERCULT avec leur vision burnée du Thrash metal à l’ancienne et enfin en plat de résistance, les géniteurs de toute la scène Grind Metal, les vétérans de NAPALM DEATH. Quel menu !

Après les passages de BENIGHTED, BEHEMOTH et SEPULTURA sur Lyon, mon début d’année se dessine avant tout sous le signe de la poésie et de la délicatesse : merci qui ? Merci DREAM FACTORY !

Pour ce soir, malgré la qualité indéniable et la variété de l’affiche, je ne cache pas que je me déplace avant tout pour NAPALM DEATH. Les Anglais ont toujours eu un beau succès en France, et personnellement, il s’agit du groupe que j’ai vu le plus de fois en Live. Depuis un certain 15 mai 1992, et une étape de la tournée de l’époque « Campaign for musical Destruction », ça doit faire une quinzaine de fois. A l’époque, le groupe assurait la promotion de son « Utopia Banished », son 4e album (on en est aujourd’hui au 15e) ! Pour cela, ils étaient accompagnés de DISMEMBER et OBITUARY (excusez du peu !) Je découvrais alors, avec mes petits yeux ébahis, la déferlante NAPALM DEATH sur scène : une certaine vision du chaos musical ! J’en suis resté traumatisé à vie ! Chaque nouvelle date de ce groupe mythique est toujours un plaisir.

Après toutes ces années de présence sur les planches et la multitude d’albums à son actif, NAPALM DEATH a toujours réussi à se renouveler. A travers son aventure, le groupe a tenté plein de choses différentes : sa base de Grind s’est vue parfois teintée de Death, parfois d’Indus, parfois plus de Punk … Mais toujours avec cette volonté d’avancer et de donner le tempo ! Car oui, le groupe est une légende, une référence, un véritable maitre étalon du genre ! Faites le constat : à part NAPALM DEATH, combien de groupe de Grind ont réussi à se faire connaitre ? Ou plus simplement, en festival, combien de tee-shirts de groupe de Grind pouvez-vous voir en dehors de ceux de NAPALM DEATH ? La réponse est simple : très peu !

Sorti en 2013, le dernier album « Utilitarian » est une vraie perle ! Toujours porté par les vocaux hallucinés (et socialement engagés) de Barney, les expérimentations à la guitare de Mitch Harris, les blast-beats ravageurs de Danny Herrara et le groove de Shane Embury, NAPALM DEATH est plus que jamais au sommet de sa forme !

Comme à ma triste habitude serais-je tenté de dire, j’arrive trop tardivement sur les lieux du crime pour profiter de la prestation de DEATH AWAITS. Désolé les gars ! Heureusement, j‘avais pu apprécier leur set lors de la Brutale Coalition avant la prestation de BENIGHTED ! Etrange : le CCO n’affiche pas complétement complet ce soir. Pourtant, les concerts précédents organisés par DREAM FACTORY avaient très bien marché. Un peu plus de 300 personnes ont fait le déplacement dont nombre de potos. C’est toujours un plaisir de partager des mousses avec les connaisseurs !

HAMMERCULT

L’honneur d’ouvrir pour la légende britannique sur toute la tournée européenne est revenu à HAMMERCULT. Le groupe de Tel Aviv s’est formé en 2010. Malgré ce laps de temps très court, il a réussi l’exploit de se qualifier pour le WACKEN Open Air, dans le cadre des tremplins organisés par le célébrissime festival allemand, de se faire signer sur le label SPV et de sortir 2 albums. HAMMERCULT est sans conteste un des fers de lance du Metal extrême venu du proche Orient.

Malgré leur jeunesse, leur prestation se révèle tout à fait aboutie, avec une certaine insouciance brutale qui fait plaisir à voir. Le chanteur bodybuildé (avec des bras aussi gros que mes cuisses) est ultra enthousiaste, comme un enfant le matin de Noël. Il saute de partout ! Les musiciens qui l’entourent sont dans le même état d’esprit.

Les hostilités commencent sur le rageur « Steelcrusher », morceau éponyme issu de leur album qui vient juste de sortir avec chœur épique, solos échevelés, rythme apocalyptique et vocaux aigus. D’ailleurs, le contraste entre le physique massif du hurleur et ce chant plutôt aigu est assez amusant.

Musicalement, HAMMERCULT évolue dans un parfait cross-over entre le Thrash metal « Old school » de papy et le Thrash plus moderne avec Blast beat et growls de rigueur. En tout cas, ça joue vite et bien : les riffs tranchants sont de sortie. Le public partage le plaisir des Israéliens en enflammant le pit !

Au cours du set, on apprendra que le guitariste est un remplaçant allemand, issu du groupe ALPHA TIGER. A priori, le gars a mis 48 heures pour apprendre les combos du groupe. Joli perf’ ! Sur scène, on a l’impression qu’il fait partie du groupe depuis toujours. Bizarre, quand même d’après mes souvenirs, ALPHA TIGER se classe plutôt dans la catégorie « Power Metal » … loin de la musique d’HAMMERCULT.

En conclusion, ce HAMMERCULT que je ne connaissais pas plus que çà, est une très bonne surprise. Avec sa musique détonante et presque enjouée, et son entrain débordant, le groupe a recueilli un beau succès d’estime. Après cette prestation intéressante, HAMMERCULT vient de rejoindre les rangs des formations à surveiller.

NAPALM DEATH

Le changement de plateau va se faire très vite. Le temps de pousser les amplis, de mettre le petit back-drop au nom du groupe, et les 4 pistoleros sont déjà sur scène. La lumière n’est même pas éteinte ! NAPALM DEATH arrive presque les mains dans les poches : sûr de son fait et de sa puissance de feu. Même pas de musique d’introduction pour faire monter la pression comme ça se fait partout. Le contraste est saisissant avec un BEHEMOTH par exemple, dont les concerts sont présentés comme de véritables rituels habillés d’un décorum élaboré.

Ici, on retourne à l’essence même du Grind. Pas besoin d’artifice : la musique se suffit à elle-même. Le groupe arrive, branche ses instruments et c’est parti pour une folie communicative !

Barney a son attitude de pantin désarticulé, à bouger comme seul lui sait le faire. D’ailleurs, le chanteur semble affuté comme jamais. Il a perdu nombre de kilos depuis la dernière fois ! C’est incroyable ! Avec ses chaussettes remontées jusqu’aux genoux, son éternel bermuda et son vieux tee-shirt, Barney incarne l’esprit même de NAPALM DEATH !

Instantanément, la fosse se transforme en large champ de bataille ! Tout le monde se jette joyeusement dans la mêlée. C’est symptomatique de NAPALM DEATH ça : les premières notes retentissent et tout le monde est soudain pris de convulsions irrésistibles qui incitent à pogoter frénétiquement !

Une autre des grandes caractéristiques des performances de NAPALM DEATH est le nombre incroyable de slammers qui officient. Et le concert de ce soir ne déroge pas à la règle : c’est une véritable pluie continue de fans souriants qui s’abat dans la fosse. Devant l’énergie déployée par le public, à la fin des morceaux, Barney parodie une sorte de sourire dans une grimace tout en levant le pouce ! Inimitable !

Les années s’accumulant, les natifs de Birmingham enchainent quand même moins vite que par le passé. Aujourd’hui, les musiciens prennent le temps de s’hydrater et de souffler entre les chansons!
Barney en profite pour introduire quelques-uns des morceaux joués ce soir, toujours avec un discours très social tournant autour de la religion, de la politique, du sexe … (c’est selon) Depuis ses débuts, NAPALM DEATH a toujours eu ce discours très engagé socialement, qui fait qu’ils sont respectés partout.

La classique reprise des DEAD KENNEDYS « Nazi punks fuck off » est délicatement dédicacé au Front National ! Ce soir, le groupe va faire plaisir à ses fans en proposant une set-liste très équilibrée (d’abord concentrée sur les dernières œuvres du combo) puis en ressortant des tiroirs de nombreux classiques. Ainsi, quel plaisir de ré-entendre un « Mass Appeal Madness » ou un « Greed Killing » percutant ! Ces titres exceptionnels ne sont pourtant pas joués systématiquement. Je ne boude pas mon plaisir !

Après ce bastonnage en règle, la set-liste se conclut par le définitif « Siege of Power », occasion pour le public de se lâcher une dernière fois. Après plus de 25 morceaux, NAPALM DEATH tire le rideau sur une prestation qui restera longtemps gravée en mémoire. Le concert est passé comme un souffle : rapide, brutal et transpirant ! Le sol du CCO est d’ailleurs glissant de sueur : signe qui ne trompe pas.

Et oui mon bon monsieur : ces nombreuses années d’expérience feront toujours la différence !

Vivement la prochaine.

Set-liste NAPALM DEATH – mardi 15 avril 2014
01 . Multinational Corporations
02 . Silence Is Deafening
03 . Everyday Pox
04 . The Wolf I Feed
05 . Unchallenged Hate
06 . Suffer The Children
07 . When All Is Said And Done
08 . Errors In The Signals
09 . Breed To Breathe
10 . Human Garbage
11 . Success?
12 . On The Brink Of Extinction
13 . Social Sterility
14 . Self Betrayal
15 . Protection Racket
16 . Taste The Poison
17 . Necessary Evil
18 . Mass Appeal Madness
19 . Scum
20 . Life?
21 . Deceiver
22 . The Kill
23 . You Suffer
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24 . Nazi Punks Fuck Off!
25 . Greed Killing
26 . Siege Of Power

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