KAMELOT, mercredi 14 octobre 2015, Ninkasi Kao, Lyon par Raph

Les groupes de power metal mélodiques qui trouvent grâce à mes yeux sont plutôt rares. En cherchant bien, je peux citer en tout premier lieu les Suédois d’ EVERGREY puis les Allemands de BRAINSTROM et finalement les Américains de KAMELOT (plus dans le sous-genre power metal symphonique il est vrai).

Mené par le talentueux guitariste Thomas YOUNGBLOOD, KAMELOT a réussi à se démarquer à la fin des années 90 avec l’arrivée du chanteur Roy KHAN et la sortie du fantastique disque « The Fourth Legacy ». Avec des rythmiques solides, des mélodies imparables, des soli de furieux, KAMELOT a très vite rejoint le haut du panier. En ce qui me concerne, le sommet est atteint avec le monstrueux « Black Halo », sorti il y a près de 10 ans.

Par contre, malgré une discographie solide, j’ai toujours eu du mal avec les prestations live de KAMELOT. En effet, Roy KHAN s’est toujours montré emprunté sur scène. Pas très à l’aise, voire même en difficulté, le chanteur peinait à reproduire ses prestations vocales impeccables enregistrées sur disque en concert. Pour s’en sortir, le groupe jouait sur des subterfuges (du genre en invitant des chanteuses sur scène pour doubler les parties de chants).

Cependant, il y a quelques années Roy KHAN a fini par jeter l’éponge. Thomas YOUNGBLOOD a alors eu la chance de tomber sur le clone vocal de son ex-chanteur, Tommy KAREVIK, membre du groupe de progressif SEVENTH WONDER. Thomas avait prévu le coup : Tommy faisait partie du staff attitré des choristes de KAMELOT depuis un petit moment, et avec le départ de Roy en 2012, son passage au lead vocal devenait évident.

Armé de son nouveau chanteur, KAMELOT a repris son travail sortant coup sur coup 2 bons disques : « Silverthorn » en 2012 et cette année « Haven ». C’est dans le cadre de la promotion de ce dernier album que KAMELOT pose donc ses valises ce soir au NINKASI KAO.

KAMELOT_lyon2015v2

Pour l’occasion, 2 groupes ont été ajoutés en premier partie : KOBRA AND THE LOTUS (présenté comme étant les protégés de Gene SIMMONS de KISS) et GUS G. (Projet solo du guitariste de OZZY OSBOURNE et ex-FIREWIND, quand même !)

Et devinez quoi ? Pour une fois, j’arrive à m’organiser pour ne pas louper les premières parties de la soirée. Je vais donc voir ces 2 groupes ! Youpi ! J’ai même le temps de retrouver mes 2 compères : Chacal et le Grand Timonier (Hail Bros).

L’affiche du jour a attiré du monde : et même si le NINKASI KAO n’affiche pas complet, il est vraiment bien rempli. Signe que malgré toutes ces années d’absence sur Lyon et dans la région, KAMELOT peut continuer à s’appuyer sur une fan-base fidèle.

KOBRA AND THE LOTUS

On commence donc avec la jeune formation canadienne qui propose un heavy power rock relativement plat. Tous les regards sont tournés vers la chanteuse, Kobra PAIGE. (On comprend mieux en voyant le physique de la demoiselle pourquoi Gene SIMMONS les a soutenus ! Quel coquin !)

Même si musicalement, tout est bien réalisé, j’ai vraiment du mal à accrocher : c’est sans grand intérêt. Les morceaux sonnent désespérément sans originalité et sans relief. Pourtant, la miss fait des efforts pour attirer l’attention, et manifestement, elle sait se servir de son organe vocal. Ses acolytes redoublent d’efforts également, mais honnêtement, tout cela semble un peu vain. D’ailleurs, je finis par décrocher d’épais bâillements.
Bref, vivement la suite …

GUS G.

On enchaîne rapidement avec le groupe suivant : GUS G. Le guitariste se la joue poseur à mort sur le côté de la scène : c’est son groupe et il veut que ça sache. Le Grec distille ses soli acrobatiques en prenant des postures ultra démonstratives. Bien, bien ! Chez GUS G., on évolue dans un heavy metal de haute volée. Pour cette tournée, le guitariste est accompagné de Henning BASSE au chant, un vieux de la vieille (ex-chanteur de BRAINSTORM et METALLIUM notamment) Et même si le gars ne ressemble à rien, il est muni d’un certain charisme qui fait presque de l’ombre à GUS G. Ce qui est assez savoureux.

Néanmoins, musicalement, j’ai là aussi le plus grand mal à accrocher : je m’ennuie ferme. Et finalement, je finis dehors à boire des canons avec Chacal pour prendre des nouvelles. Et oui, c’est fait pour ça aussi les concerts : rencontrer les gens et prendre du bon temps.

Conclusion : pour une fois, que j’arrive tôt à un concert, je me tape 2 premières parties qui m’ont au mieux ennuyé. Bigre ! Pas de chance !

KAMELOT

Les choses sérieuses vont enfin pourvoir commencer. D’ailleurs, on peut constater que le public s’est bien déplacé uniquement pour KAMELOT car le NINKASI KAO est maintenant ultra peuplé.

Après une introduction pompeuse à souhait, le groupe débarque et attaque direct par un « Veil of Elysium » extrait de son dernier effort. Ce qui frappe immédiatement, c’est la facilité et le talent de Tommy KAREVIK. Le chanteur est ultra charismatique et l’assistance répond instantanément à toutes ses sollicitations. Le gars est pétri de talent et possède à n’en pas douter des qualités exceptionnelles de show man. Et le plus important, c’est que vocalement, il chante de façon impeccable et très puissante : aucune baisse d’intensité n’est à noter pendant toute la durée du show. Il n’y a rien à dire : Thomas YOUNGBLOOD a eu le nez creux, et Roy KHAN n’est plus qu’un lointain souvenir.

Comme pour marquer ce changement de vocaliste, KAMELOT nous propose ce soir une set-liste très largement composée de morceaux issus des 2 derniers disques (ceux où KAREVIK chante). A mon grand regret, il reste donc peu de places pour les grands tubes ayant fait l’histoire des Américains.

Néanmoins, les chansons ont manifestement été sélectionnées pour leur potentiel scénique : puissantes et rapides, elles sont parfaites pour pousser le public à se déchainer. Seule exception à cette règle : un « Here’s to the Fall » plus calme que Tommy KAVERIK dédicacera de façon émouvante à son grand père décédé récemment.

Emmenée par ce « nouveau » virevoltant chanteur, l’énergie dégagée par l’ensemble de la formation est impressionnante. Par exemple, le bassiste Sean TIBBETTS se distingue par une présence de tous les instants. Pourtant, d’habitude, les bassistes se font discrets ! Pas lui ! Le mec fait le show et ça le fait !

kamelot-bass

Du coup, a contrario, le guitariste / leader Thomas YOUNGBLOOD est très en retrait. Calé sur le côté gauche de la scène, il ne bouge quasiment pas laissant ses acolytes occuper l’espace.

KAMELOT n’a pas perdu ses habitudes avec ses chanteuses invitées. Ainsi, Kobra PAIGE vient rapidement se joindre à la fête pour poser ses vocalises sur les refrains. Il est clair que ce genre de procédé ajoute pas mal de puissance à l’interprétation des morceaux. Dans le public, l’ambiance est à la folie : les gens sont à fond les manettes.

Malheureusement, le concert va être coupé en 2 par un solo de batterie aussi ridicule que dispensable. Franchement, quand est-ce que les groupes comprendront que ce genre d’exercice casse les pieds à tout le monde ? Je veux bien admettre que le but est que les autres musiciens fassent une pause mais par pitié, essayez de trouver autre chose. Comme habitude, le solo plombe l’ambiance et KAMELOT a le plus grand mal à relancer la machine.

Heureusement, en vieux briscard, les Américains sortent un atout : l’arrivée sur scène d’Elize RYD, la charmante chanteuse d’AMARANTHE qui vient elle aussi pousser la chansonnette. La minette est tout sourire et manifestement, ravie de rejoindre ses copains de KAMELOT.

kamelot-karevik

Après un peu moins d’une heure trente de show, le concert se clôture sur la doublette « Revolution » / « Sacrimony » assez surprenante car finalement peu marquante. Ponctués de samples grandiloquents, ces 2 morceaux me laissent un goût d’inachevé. Pourquoi ne pas plutôt finir sur un enchaînement « Ghost Opera » / « The Haunting » à tout hasard ?

Malgré tout, la soirée fut globalement réussie même si la set-liste finalement trop récente m’a laissé quelque peu dubitatif. C’est un peu de ma faute : j’aurai du écouter plus attentivement les 2 derniers albums. Mais, c’est aussi une preuve que malgré toutes ces années passées sur le devant de la scène, KAMELOT est aujourd’hui résolument tourné vers son avenir. Il est vrai qu’avec un atout aussi doué que Tommy KAREVIK, les Américains auraient bien tort de se priver.

Set-list KAMELOT – 14 octobre 2015
01. Veil of Elysium
02. When the Lights are Down
03. The Great Pandemonium
04. Center of the Universe
05. Karma
06. Torn
07. Here’s to the Fall
08. March of Mephisto
09. Rule the World
10. Insomnia
11. Veritas
12. Liar Liar
13. Forever
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14. Revolution
15. Sacrimony

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