SYMPHONY X, vendredi 04 mars 2016, CCO, Villeurbanne par Raph

Décidément, l’association lyonnaise SOUNDS LIKE HELL sait choisir judicieusement les groupes qu’elle fait jouer dans l’agglomération. Car, encore une fois avec SYMPHONY X, le CCO affiche fièrement sur ses portes d’accès : « Sold-Out » (Soit, « Complet » pour les non-anglophones). Cette nouvelle réussite démontre que l’équipe d’organisateurs a tout simplement un flair doublé d’un certain talent pour sélectionner et promouvoir ses évènements.

D’ailleurs, à mon arrivée devant la salle, je tombe sur une file d’attente longue comme le bras. C’est bien simple : je n’ai jamais vu ça en ces lieux ! Il faut patienter de longues minutes avant de pouvoir rentrer. Cela promet une bonne ambiance dans la fosse : dommage que la pluie ait choisi ce jour pour tomber sans discontinuer.

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Pour sa tournée européenne, les Américains ont choisi pour les accompagner les Franciliens de MELTED SPACE et les Tunisiens de MYRATH. Du coup, cette soirée propose une affiche cohérente et originale qui explique sans doute le succès rencontré. Pour l’occasion, je retrouve notamment les Marseillais DG et Gandalf qui ont fait le déplacement pour l’évènement. Toujours un bonheur de vous croiser les poulets !

MELTED SPACE

Le CCO est déjà bien rempli quand MELTED SPACE investit la scène à 20h pile poil. Emmené par Pierre LE PAPE, le groupe propose un Opéra Metal plutôt ambitieux avec son dernier disque, « The Great Lie ». Avec cet effort, l’artiste a tenté quelque chose de travaillé avec une histoire unique comprenant nombre de personnages. Sur l’album, chacun de ses personnages est joué par une personnalité du Metal (Et pas des moindres, on retrouve David VINCENT de MORBID ANGEL, Mickael STANNE de DARK TRANQUILLITY, Niklas KVARFORTH de SHINING, etc …)

Sur scène, forcément, on ne retrouve pas tous ses différents protagonistes (Vous imaginez sinon ?). Néanmoins, ce ne sont pas moins de 5 musiciens accompagnés de 4 (quatre !!! 2 filles et 2 garçons) chanteurs qui essaient de se faire une petite place dans le peu d’espace qui leur est accordé (le matériel des groupes suivants est déjà installé). MELTED SPACE ne dispose que de 25 minutes pour démonter l’étendue de son savoir-faire et tenter de faire vivre son œuvre.

MELTED SPACE évolue plutôt dans le Metal Symphonique essentiellement porté par les chanteuses et par quelques touches plus violentes (notamment des growls Death plutôt bienvenus). Le groupe multiplie les ambiances pour tenter de reproduire l’élan grandiloquent de « The Great Lie ».
Malheureusement, malgré l’entrain donné par les musiciens, il est difficile de rendre toute l’amplitude du disque. Peu aidé par un son un brin incertain, je n’arrive pas à rentrer dans le spectacle. Dommage ! J’imagine aisément que les choses en seraient toute autre sur une scène plus vaste et une set-liste plus longue. A revoir dans de meilleures conditions !

Set-liste MELTED SPACE – vendredi 04 mars 2016
01. No Need to Fear
02. Trust and Betrayal
03. Terrible Fight
04. Lost souls from the other side

MYRATH

Changement d’ambiance, avec l’arrivée des Tunisiens de MYRATH ! Vu le nombre de tee-shirts à l’effigie du groupe croisés dans la salle, MYRATH semble attendu avec impatience. En effet, depuis quelques années, son Progressif Metal fortement teinté d’oriental a rencontré son public. Cependant, à l’instar d’un ORPHANED LAND et son « All for One », MYRATH a bien simplifié son propos pour se rendre plus accessible avec son dernier disque, « Legacy ». C’est en terrain conquis que les Tunisiens attaquent leur concert. La température est montée de plusieurs degrés dans un CCO réceptif et chaud bouillant. L’introduction instrumentale « Jasmin » (oriental à souhait) nous fait voyager jusqu’aux portes du désert. En pleine promotion de son dernier disque, MYRATH axe sa set-liste autour de celui-ci. La palme du succès est remportée par le single « Believer » qui provoque la furie dans le public. Seuls 2 extraits de « Tales from the Sand » sont joués ce soir. Sorti en 2011, ce disque représente la part beaucoup plus progressive de MYRATH.

Je reste quand même relativement surpris par le succès remporté par le groupe ce soir. Les grands sourires des musiciens et le fait qu’ils parlent français y sont sans doute pour beaucoup. Zaher ZORGATI, le chanteur ne manque pas de nous rappeler que le batteur Morgan BERTEJT, est originaire de Lyon. Ce qui déclenche une nouvelle vague enthousiaste d’applaudissements.

Musicalement, on notera la performance enflammée du bassiste, Anis JOUINO avec son jeu aux doigts techniquement très au point. Son solo tout en slap, court mais intense tourne à la démonstration. L’année dernière, on se souvient que MYRATH avait joué avec DREAM THEATER. Je suis persuadé qu’Anis a du échangé quelque peu avec le virtuose, John MYUNG.

Symphony-X-2016 - myrtah

En conclusion, malgré un temps de jeu forcement court, MYRATH a marqué des points ce soir devant un public lyonnais entièrement acquis à sa cause. Après cette prestation réussie, les Tunisiens ont démontré qu’ils étaient à 2 doigts de franchir un palier. Et c’est tant mieux pour eux !

Set-liste MYRATH – vendredi 04 mars 2016
01. Storm of Lies
02. Get Your Freedom Back
03. Believer
04. Wide Shut
05. Nobody’s Lives
06. Merciless Times

SYMPHONY X

Après avoir été absent pendant longtemps, SYMPHONY X a pris l’excellente habitude de nous rendre régulièrement visite dans notre belle capitale des Gaules : preuve qu’à chaque fois, nous avons su les accueillir comme il se doit. Et encore ce soir, malgré le succès rencontré par MYRATH, il est clair que le public s’est avant tout déplacé pour les Américains.

SYMPHONY X a sorti récemment un magnifique nouveau disque « Underworld », parfaite synthèse de tous les facettes du groupe : progressif, puissant, heavy et envoutant. Artistiquement, les Américains sont au sommet de leur art. Et même si certains fans puristes et nostalgiques le regrettent, SYMPHONY X fait le choix de jouer intégralement le contenu de leur dernier album.

C’est sous des lights rouges inquiétantes mais adaptées (« Underworld » raconte une histoire complexe qui se déroule aux enfers) et une introduction instrumentale sinistre que les musiciens entrent sur scène. Bien chauffé par MYRATH, le public réserve une belle ovation à ses héros.

Comme sur album, le tonitruant « Nevermore » ouvre le bal avec un Michael ROMEO virevoltant. Bien campé à gauche de la scène, le petit blond a décidé de nous en mettre plein la vue avec sa guitare. Son style empreint de néo-classique me fait indubitablement penser au géant suédois, Yngwie MALMSTEEN.

Les autres musiciens ne sont pas en reste, étalant leur maitrise affolante. Mais malgré leur talent, il faut reconnaître que celui qui porte le show à bout de bras, est bien Russell ALLEN, le titanesque chanteur. Affublé de ses lunettes noires, le colosse délivre une nouvelle fois une performance vocale qui force le respect. En plus de ses facultés qui lui permettent de changer de timbre régulièrement (passant de l’aiguë au grave sans problème), le chanteur déploie une gestuelle guerrière et ample. On le sent habité, incarnant les différents personnages de « Underworld » : on ne peut qu’être admiratif devant le travail abattu pour acquérir cette maitrise vocale et scénique. Impressionnant !

Malheureusement, ce début de concert souffre d’un son mal équilibré qui gêne un poil. Mais, l’ingénieur-son résout vite le souci et les choses rentrent dans l’ordre rapidement. Merci à lui car la musique complexe de SYMPHONY X nécessite sans doute des réglages minutieux.

Le show passe comme un souffle : les morceaux épiques aux solos toujours impressionnants se succèdent avec frénésie. SYMPHONY X montre ses muscles et nous assène ses brûlots les plus puissants. Devant cette débauche d’énergie, on se rencontre que le groupe évolue maintenant loin de ses débuts discographiques bien plus progressifs.

La pause « Without You », seule ballade de « Underworld » arrive à point nommé : elle permet à tout le monde de souffler après une succession de titres rapides et heavy (« Nervermore », « Underworld » et « Kiss of Fire »). Le morceau est réussi, tout en retenue, suivi d’une montée en puissance. Encore une fois, c’est l’occasion pour Russell ALLEN de démontrer toute l’étendue de son talent vocal.

Après cet instant de grâce, on repart sur « Charon » puis on bascule sur la pièce monumentale « To Hell and Back » (avec ses presque 10 minutes au compteur). Pour accentuer le côté théâtrale de ce morceau, le chanteur joue avec 2 masques vénitiens (dans la grande tradition de la symbolique de SYMPHONY X). L’effet rendu est assez bluffant. Après ce moment de bravoure, le reste des chansons de « Underworld » s’égrène pour notre plus grand bonheur jusqu’à « Sea of Lies » qui signe déjà la fin du show. Le public est sous le charme, manifestant bruyamment son plaisir. La démonstration fut si impressionnante que nous n’avons pas vu le temps passer.

SX-2016-Live

Heureusement, les Américains se plient au rituel du rappel d’une façon cependant bien curieuse. Alors que la plupart des groupes revient rapidement sur scène pour en finir, SYMPHONY X laisse passer de longues minutes avant de se présenter devant une assistance en transe. Pourtant les spectateurs n’ont pas cessé de les réclamer à grands coups d’applaudissements. Ils sont taquins ces musiciens.

Le rappel est l’occasion pour le groupe de s’attaquer à d’autres albums de leur riche discographie. Nous avons le droit à l’inévitable « Set the World on Fire » et à « Legend ». En cette fin de concert, les musiciens sont toujours grand sourire et semblent heureux d’être là. C’est plaisant de le constater car nous savons via les interviews que SYMPHONY X n’aime pas trop tourner, préférant largement les joies de la composition.

Dans l’euphorie générale, Russel ALLEN fait monter sur scène un tout jeune spectateur attentif (pas plus de 5 ans à vue de nez) Le petit bonhomme est tout impressionné mais repart avec un médiator donné personnellement par Michael ROMEO. Sans doute, un sacré souvenir pour ce petit garçon.

Après 1h20 de concert échevelé, SYMPHONY X tire définitivement sa révérence. Il est temps de refermer cette parenthèse de joie, d’amitié et de dextérité. En passant les portes du CCO, on retourne à notre temps triste et pluvieux.

Merci à ces groupes de nous apporter ces instants et merci surtout (encore une fois) aux SOUNDS LIKE HELL d’avoir pris le temps d’organiser cette soirée.

Set-liste SYMPHONY X – vendredi 04 mars 2016
01. Nevermore
02. Underworld
03. Kiss of Fire
04. Without You
05. Charon
06. To Hell and Back
07. In My Darkest Hour
08. Run With the Devil
09. Swan Song
10. The Death of Balance / Lacrymosa
11. Out of the Ashes
12. Sea of Lies
——–
13. Set the World on Fire (The Lie of Lies)
14. Legend

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