Spectaculaire

émission à caractère culturel (un peu mais pas trop quand même) les mercredi de 14h à 15h

Émission n° 207 (mercredi 16 octobre)

Posté le | mer 16 Oct 2019 | Aucun commentaire

Deux invités aujourd’hui : Ali et Aurélie pour parler de la poétesse iranienne Forough Farrokhzâd (1935-1967) à laquelle ils consacrent un concert, « la Fée amoureuse« , mercredi 23 octobre (18h, entrée libre !) à l’Université Lyon 2 (bâtiment Erato, salon Lirondelle) ! Retrouvez plus d’informations très vite et réécoutez l’émission ci-dessous !

 

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Programmation musicale ET du concert (mais il vaut mieux y aller car ces enregistrements ne comportent pas la partie de Rachel au violoncelle…)

 

 

191016 spectaculaire 207 Forough Farrokhzâd

émission n° 206 (mercredi 9 octobre)

Posté le | mer 9 Oct 2019 | Aucun commentaire

On reprend l’alternance avec nos invités : après les arts plastiques avec la Biennale Hors Normes (par Loren !) il y a deux semaines puis les arts vivants avec la lecture du Purgatoire (par Benjamin Forel) la semaine dernière, nous avons reçu Maud Mesnier et Clara Cuzin avec Mélania, Indra et Zachary du Trouble collectif pour parler, donc, à nouveau d’arts plastiques avec l’exposition « Carte du presque #3 » du vendredi 4 au dimanche 13 octobre 2019, à l’Atelier Victor (6, rue Royal, dans le 1er ; jeudi -vendredi 18h-20h et samedi-dimanche 15h-19h) ainsi qu’à l’Abat-Jour (33, rue Leynaud ; vous vous souvenez de Benjamin Larderet ?) ! Réécoutez l’émission pour tout savoir sur « cette collecte hétéroclite d’objets, cabinet de curiosités aux artefacts à l’authenticité douteuse, arrachés au réel et enrobés d’intentions muséales, sur-interprétations décalées au service d’une archéologie de l’imaginaire« , dans le cadre de Résonance (en lien avec la 15e Biennale d’Art contemporain).

Les annonces ont été brèves : la grande expo Arts Beynost 2019 se continue jusqu’au dimanche 13 octobre ; le Musée des Beaux-Arts propose de « Penser en formes et en couleur » jusqu’au lundi 5 janvier (nous en parlerons plus précisément en novembre) et Lugdunum (Musée & théâtres romains), de « Jouer dans l’Antiquité (Ludique) » jusqu’au dimanche 1er décembre (nous en parlerons aussi en novembre !). Au TNPl’Effort d’être spectateur, par Pierre Notte, est donné jusqu’au samedi 19 octobre, comme Désobéir, dans la salle Jean-Bouise ; aux Célestinsles Sorcières de Salem d’Arthur Miller par Emmanuel Demarcy-Mota avec Élodie Bouchez se termine demain jeudi 10 octobre) ; enfin, à la Croix-Rousse un Instant proustien est donné cette semaine jusqu’au samedi 12 octobre). Pour ce qui est de la musique, Guillaume Tell de Rossini continue à l’Opéra jusqu’au jeudi 17 octobre). ! Et pour terminer, la pièce Laurent Mourguet, saltimbanque (Bernard Frangin, 1997) sera jouée par la Compagnie Théâtre Parts-Coeur (déjà venue à l’émission !) du mardi 26 novembre au dimanche 1er décembre à la salle Karbone (25, avenue des Frères-Lumère, Lyon 8e) – dites, vous savez bien qu’il s’agit là de l’inventeur de Guignol, hein ?

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programmation musicale :

 

191009 spectaculaire 206 Carte de presque #3

émission n° 205 (mercredi 2 octobre)

Posté le | lun 30 Sep 2019 | Un commentaire

Il est déjà venu (plusieurs fois, même ! – mais la dernière remonte à plus de trois ans !) et, comme c’est toujours un réel plaisir de le recevoir, Benjamin Forel est revenu pour présenter aujourd’hui le prochain spectacle (ah non : il l’a suffisamment expliqué pour que l’approximation ne soit permise !) la prochaine performance de l’Ineffable théâtre, le mardi 8 octobre au Sofffa Terreaux (17, rue Sainte Catherine, dans le 1er arrondissement) : le Purgatoire (1321) de Dante (dans une édition qu’il nous a indiquée mais que ses lecteurs n’ont pas eue entre leurs mains !) ! Réécoutez l’émission pour tout savoir des idées très stimulantes de notre jeune invité sur l’art, la vie et le monde (rien moins !) !

Quelques annonces :

La grande expo Arts Beynost 2019 aura lieu de ce samedi 5 octobre au dimanche 13 ; une grosse semaine pour découvrir vingt artistes sur quatre sites ! Le salon de dessin contemporain Lyon Art Paper 2019 (rappelez-vous John Salter venu l’année dernière !) présentera entre cinq cents et six cents oeuvres (accessibles à l’achat) de soixante-cinq artistes au Palais de Bondy (5e arr.) du jeudi 3 au dimanche 6 octobre ! Pour ce qui est des expositions également, le Musée des Beaux-Arts propose de « Penser en formes et en couleur » jusqu’au lundi 5 janvier et Lugdunum (Musée & théâtres romains), de « Jouer dans l’Antiquité (Ludique) » jusqu’au dimanche 1er décembre. Les saisons culturelles commencent à se mettre en place au TNP (l’Effort d’être spectateur, par Pierre Notte, jusqu’au samedi 19 octobre), aux Célestins (les Sorcières de Salem d’Arthur Miller par Emmanuel Demarcy-Mota avec Élodie Bouchez jusqu’au jeudi 10 octobre) ainsi qu’à la Croix-Rousse (La loi des prodiges du mercredi 2 au vendredi 4 octobre puis un Instant proustien du mardi 8 au samedi 12 octobre), pour ce qui est des théâtres, et à l’Opéra (Guillaume Tell de Rossini du samedi 5 au jeudi 17 octobre) ainsi qu’à l’Auditorium pour la musique ! Enfin, on ne peut pas terminer sans parler de la pièce Laurent Mourguet, saltimbanque (Bernard Frangin, 1997) qui sera jouée par la Compagnie Théâtre Parts-Coeur (déjà venue à l’émission !) du mardi 26 novembre au dimanche 1er décembre à la salle Karbone (25, avenue des Frères-Lumère, Lyon 8e) !

 

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Achille et Ajax jouant / MRAH Bruxelles

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Programmation musicale :

– parce que l’Ineffable théâtre en donnera une performance à Paris, au Point éphémère, le mardi 15 octobre (en bonus ci-dessous pour ceux qui ne pourront pas se déplacer ) ; et l’ONL le jouera à l’Auditorium avec d’autres oeuvres à l’occasion de l’anniversaire du chef Leonard Slatkin qui dirigera ces concerts des jeudi 4 et samedi 6 juin 2020

 

Bonus :

(d’autres vidéos de l’Ineffable Théâtre sont à retrouver ici)

 

 

191002 spectaculaire 205 ‘Purgatoire’ Ineffable B. Forel

émission n° 204 (mercredi 25 septembre)

Posté le | mar 24 Sep 2019 | Un commentaire

La petite pause de la semaine dernière (annoncée à l’antenne lors de la reprise le 11 septembre !) est déjà passée : nous revoilà, pour la huitième édition de la Biennale Hors-Normes ! Feuilletez le programme (disponible sur le site ou bien ici) et retrouvez-nous à 14h pour tout savoir sur les thématiques, les lieux et les artistes !

 

190925 spectaculaire 204 8BHN

émission n° 203 (mercredi 11.9.19)

Posté le | mar 10 Sep 2019 | Aucun commentaire

L’été est fini, on revient aux affaires ! Pour la reprise de la saison de « Spectaculaire » (la septième !), nous avons reçu Joseph Belletante, directeur du Musée de l’imprimerie et de la communication graphique, qui nous a parlé de la fa-sci-nante exposition « l’Odyssée des livres sauvés » qui s’achève le dimanche 22 septembre (note : un peu moins de cent émissions après, on traite à nouveau, à l’antenne, de l’écrit !). Vous pouvez feuilleter le catalogue (un magnifique livre !) ou vous rendre sur place, dans le quartier des Cordeliers (ou encore lire le dossier de presse) ; réécoutez aussi l’émission (allez : voici une autre interview, on n’est pas jaloux !) mais faites attention : vous aurez alors assurément envie de vous y précipiter ! – ah on n’a pas été les seuls en dire tout le bien qu’on en pensait : voyez le Point et le Petit Bulletin !).

 

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Annonces diverses : la biennale Hors les Normes organise un événement « désordres » la fin de semaine du vendredi 27 septembre au dimanche 29Gilbert Houbre expose à la Galerie B+Jean Imhoff, quant à lui, à la Galerie de la Tour ; et « le Cabinet de curiosité » de Monsieur Zut propose un rendez-vous ce vendredi 13 septembre chez les Chasseurs d’influences (21, rue Terme) !

 

programmation musicale (diffusée et envisagée !) :

Noname, « Yesterday » (Telefone, 2016)

 

190911 spectaculaire 203 Expo Odyssee livres sauves

 

émission n° 202 (mercredi 3 juillet 2019)

Posté le | ven 28 Juin 2019 | Aucun commentaire

C’est la fin de saison (et le début en fait ? ah ben avec ce numéro d’émission en palindrome, on pourrait douter !…) et pour la fêter, quoi de mieux que de la gastronomie ? Nous avons reçu donc Catherine Fève de la Crèmerie Saint-Antoine (20 Quai Saint Antoine, au sortir de la rue Grenette, avant le pont Alphonse Juin ; 04 69 67 07 86) et Julien/Gustaff du comptoir Odessa (14 rue Leynaud, sur les pentes, en face du passage Thiaffait ; 09 80 34 32 51) ; déjà venus (il y a quelque temps pour la première ; bien plus récemment pour le second !), ils nous ont parlé, bien entendu, de l’association vin et fromage (Julien nous a dit tout ce qu’il faut savoir sur le festival JaJa Power, de ce mercredi 3 juillet au lundi 8) et pour, allez oui on le redit, boucler dignement notre sixième saison (retour mercredi 18 ou 25 septembre, à voir…, après la pause estivale !) ! (Pour les annonces en fin d’émission, précisions à venir très bientôt – il a été questions du Musée des Moulages, de la fascinante exposition actuelle sur les livres au Musée de l’Imprimerie et de la communication graphique ainsi que de la très riche édition du festival Berlioz en août !)

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190703 spectaculaire 202 Mariage vin-fromage

Mort et liberté : « inflammation du verbe vivre » au TNP

Posté le | sam 22 Juin 2019 | Aucun commentaire

FABULEUX spectacle de Wajdi Mouawad au TNP, hier, vendredi 21 juin, pour l’avant-dernière ! Une méditation splendide sur le Philoctète de Sophocle (409 a.C.), qui parvient à déployer bien des résonances philosophiques et politiques de la pièce, tout en proposant une réflexion très stimulante sur le théâtre, la poésie et les pouvoirs des mythes – le tout bien rassemblé dans un hommage très émouvant à la Grèce, à la Grèce du Ve siècle comme à celle du XXIe... Nous n’avons donc pas boudé notre plaisir dans une salle qui, à la louche, devait se composer de 40% de profs de lettres classiques, 40% de profs de lettres modernes et 20% de profs de philo ! Seul étonnement : la salle était à moitié vide ! Fête de la musique oblige ? En tout cas, voir qu’un tel spectacle ne se joue pas à guichets fermés (comme les matchs de l’OL), ça faisait un peu de peine… Quel gâchis !! Ne manquez donc pas la dernière ce samedi 22 juin à 20 heures !
Goulven

DR

[Note : Le TNP a un rapport décidément très particulier à Philoctète puisque Jean-Pierre Siméon, pendant des années poète associé ainsi que dramaturge, à l’institution villeurbannaise, a écrit une version de la dernière pièce de Sophocle mise en scène en décembre 2009 par Christian Schiaretti]

émission n° 201 (mercredi 26 juin)

Posté le | ven 21 Juin 2019 | Aucun commentaire

Pour commencer une nouvelle centaine d’émissions (après la deux centième la semaine dernière !), et puisque nous avions commencé la saison avec cet illustre ensemble lyonnais, nous avons reçu Franck-Emmanuel Compte ce mercredi (déjà venu, certes, mais il est l’un de nos tous premiers invités, il y a plus de six ans, et, quand on aime, on ne compte pas !) ! Retrouvez la présentation et même (presque !) tout le parcours de la saison prochaine du Concert de l’Hostel-Dieu, de la bouche-même de son directeur musical, ainsi que des informations, avec extraits (ci-dessous aussi, et même en boutique et sur la ), sur les très intéressants derniers enregistrements (le CHD a une boutique en ligne et une chaine YouTube), de Marco Polo à Porpora en passant par la captation audio du spectacle avec le chorégraphe Mourad Merzouki (l’étonnant Folia, donné au Radiant-Bellevue de Caluire cette rentrée, du mercredi 25 au dimanche 29 septembre ; enregistrement intégral à retrouver ci-dessous sur la chaine YouTube d’Arte concert – mais pour combien de temps encore ? ah, il vaut mieux réserver ses places au Radiant !) ! Peu d’annonces en fin d’émission : l’exposition l’Odyssée des livres sauvés (au musée de l’Imprimerie et de la communication graphique) continue jusqu’au dimanche 22 septembre (avec un magnifique catalogue, à feuilleter ici !) ; les jeunes de la compagnie Théâtre Parts-Coeur jouent Si tu n’existais pas, il faudrait t’inventer ce jeudi 27 juin (19h30) à la Salle Barbara de Montchat (Espace Elsa Triolet au 53 rue Charles Richard dans le 3e), le Festival Berlioz fêtera splendidement le deuxième acte du cent-cinquantenaire de la mort d’Hector à la Côte-Saint-André, du samedi 17 août au dimanche 1er septembre ; enfin, le Musée des Moulages est vraiment intéressant et agréable (Sarah Betite nous le disait la semaine dernière) !

 

franck emmanuel comte concert de l'hostel dieu

programmation musicale :

Enfin, Giovanna Marini avec Patrizia Bovi, Lucilla Galeazzi et Patrizia Nasini pour « Sinfonia della bomba in vacanza » dans l’album la Vie au-dessus et en-dessous des mille mètres (1994).

 

Bonus :

 

 

190626 spectaculaire 201 Concert Hostel Dieu 19-20

émission n° 200 !! (mercredi 19.6.19)

Posté le | mar 18 Juin 2019 | 2 commentaires

Enfin on l’a eue (!) : la deux centième ! Et pour fêter dignement cet événement (oh ben si c’en était un peu un hein quand même…) nous avons reçu une institution lyonnaise qui a également fait une sorte de fête récemment : le Musée des Moulages, dont la réouverture a eu lieu début mars ! C’est Sarah Betite, la responsable du Musée (rattaché à l’Université Lumière Lyon 2), qui est venue nous parler des « copies en plâtre d’après des originaux » (les moulages !) et de ce renouveau du lieu. Réécoutez l’émission, comme toujours, ci-dessous, avec la programmation musicale aussi improbable que remarquable de Gérald (Nino Ferrer, de la musique grecque et – avec même, en avant-première et en entier, le nouveau générique : « les vendanges de l’amour »), un compte-rendu sur Barbe-Bleue d’Offenbach (« un spectacle de qualité, très enlevé ! » ; à l’Opéra jusqu’au vendredi 5 juillet ; vidéotransmission gratuite au Grand théâtre dans le cadre des Nuits de Fourvière le samedi 29 juin à 21h30 ; billets [4 places maximum] à retirer à partir du 13 juin aux billetteries de l’Opéra de Lyon et des Nuits de Fourvière : renseignements au 04 69 85 54 54), accompagné de l’Ouverture (Merci Sophie !), et les annonces sur les derniers spectacles de la saison, toutes les programmations se terminant actuellement : Inflammation du verbe vivre de Wadji Mouawad (jusqu’à ce samedi 22 juin, au TNP), la semaine d’orgue à l’Auditorium, une sélection pour les Nuits de Fourvière et une mention seulement du festival Berlioz – dont nous parlerons davantage prochainement ! Pour la deuxième édition du mini-festival « JaJa Power » (du mercredi 3 au lundi 8 juillet) concocté par Odessa (comptoir sur les pentes de la Croix-Rousse,  14 rue Leynaud) autour du vin, c’est Julien qui en a parlé – il sera de retour le 3 juillet, pour l’ouverture, et notre toute dernière émission de la saisonMerci encore aux auditeurs.trices venu.e.s : même si on vous aurait voulus plus nombreux, votre présence a compté pour nous – et vous avez pu boire des limonades !

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programmation musicale :

 

 

 

190619 spectaculaire 200 Musee Moulages

hier et aujourd’hui par Ostermeier : « le professeur Bernardi » aux Célestins

Posté le | lun 17 Juin 2019 | Aucun commentaire

[compte-rendu aussi intéressant que mis en ligne tardivement, la faute au modérateur du blog…]

La pièce Professeur Bernhardi (Arthur Schnitzler, 1912 ; texte édité chez Actes Sud) [donnée au théâtre des Célestins du mercredi 2 au dimanche 6 mai 2018] est de grande qualité : du « Ostermeier » – la mise en scène sobre mais subtile, le jeu précis et naturel des comédiens nous donnent l’illusion de plonger dans le texte – et rien d’autre ! J’avais déjà eu l’occasion d’apprécier des mises en scène de pièces d’auteurs scandinaves (milieu bourgeois, relations conflictuelles, tensions, analyse psychologique… comme ici) et d’en apprécier cet aspect : Ostermeier ne rajoute rien, il ne fait pas dans la surenchère, la surinterprétation et la lourdeur de certains metteurs en scène.

Je pense que la pièce illustre bien le travail d’Ostermeier dans l’ensemble : la revendication d’un réalisme narratif (qu’il défend contre un théâtre postmoderne, déconstructeur), d’un engagement, l’ambivalence (défense de la démocratie, de ses institutions pour améliorer le monde mais aussi penchant pour une certaine forme d’anarchie et de rébellion, et là je pense à certains personnages de la pièce – et surtout au professeur Bernhardi – car certes, il est victime de ses origines juives – origines, car il agit comme scientifique, homme des Lumières non comme représentant d’une pensée juive ou du judaïsme – mais il est aussi victime (??) de sa conduite « juste », notamment dans la toute dernière scène).

Le sujet de la pièce (l’antisémitisme, le populisme, la désolidarisation) prend un écho particulier en ce moment [en mai 2018, NDLR] : une vidéo sur internet a mis en émoi l’opinion publique en Allemagne, un jeune musulman ayant agressé un étudiant juif dans la rue (il portait une kippa) en le fouettant avec une ceinture et en le traitant de « juif » en arabe. Les médias ont relancé le débat sur l’antisémitisme d’extrême droite d’une part et de certains musulmans d’autre part – et donc sur la façon dont devait être abordée le passé nazi. Le metteur en scène Thomas Ostermeier s’est également emparé d’un sujet politique particulièrement préoccupant : la montée du populisme, l’utilisation du racisme et des scandales dans le jeu politique. L’auteur Arthur Schnitzler nous livre un tableau réaliste et une fine analyse de la société autrichienne de la Première République, à savoir ici, la bourgeoisie (médecins et politiques) catholique et juive « assimilée ». Il pointe les antagonistes, les clivages et la perte des valeurs avec le triomphe du mouvement völkisch. Si le professeur Bernhardi dénonce l’odieux chantage dont il est victime, ses adversaires s’étonnent qu’on puisse qualifier leur action de marchandage… C’est le triomphe de la pensée criminelle et du cynisme contre les valeurs, la vérité et la justice. Mais c’est aussi le triomphe de l’indifférence, du désengagement, comme le déclare Bernhardi : « celui qui n’est pas pour moi , est contre moi« . L’indifférence, l’opportunisme, le racisme sont dénoncés par Schnitzler ; ils le sont aussi par Ostermeier. Le décor, les acteurs sont contemporains : c’est le monde d’aujourd’hui, la réalité sociale et politique d’aujourd’hui – et c’ est pourtant encore le monde « d’hier » – pour reprendre les mots de Stefan Zweig -, le monde de Schnitzler. C’est le grand mérite d’Ostermeier : saisir pour nous l’essentiel, l’essence (?) des grandes œuvres qu’il choisit de monter.

Mais ce sentiment de « contemporanéité » ne tient pas que du seul sujet, de la réalité sociale et politique mais surtout – et c’est certainement là l’essentiel – de l’analyse psychologique des personnages, de ces » masques qui tombent » au fur et à mesure qu’on avance dans l’histoire (je parlais en effet de tableau réaliste, de fine analyse). Ostermeier, les comédiens ont su remarquablement interpréter et donner aux analyses psychologiques du médecin et connaisseur de l’âme humaine qu’était Schnitzler toute leur épaisseur. Ils ont su également rendre l’esprit de la pièce (qualifiée de « Comédie » par Schnitzler) : l’équilibre entre gravité et humour, pessimisme et optimisme (encore des ambivalences !). L’humour n’est pas là pour nous faire supporter l’insupportable, l’intolérable (nous savons ce que Schnitzler ne pouvait pas savoir). Non, c’est cette mise à nu de l’âme humaine, le fait de la rendre intelligible qui nous procure quelque espoir. C’est le choix, certainement, d’Ostermeier : raconter des histoires, narrer, observer les hommes et nous les donner à observer.

E.F.

 

Professor Bernhardi

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